Sophie Brisebois et son fils Jean-Michel Lévesque aimeraient acheter leur cannabis à la SQDC, puisqu’ils jugent que la qualité est supérieure aux produits offerts dans la rue.

Les consommateurs de la SQDC irrités: «Le crime continue» [VIDÉO]

L’époque de la file d’attente est révolue aux abords de la Société québécoise du cannabis (SQDC) de Drummondville. N’empêche, plusieurs dizaines de personnes magasinant le produit nouvellement légal sortent déçues de la boutique puisque, près de trois mois après l’ouverture des succursales, la majorité des étagères sont vides.

Même chose sur le site web de la SQDC. En naviguant sur Internet, seuls 16 produits sur 97 sont disponibles pour la livraison. Les 81 autres produits sont « en rupture de stock ». Le seul commentaire de la SQDC : « L’approvisionnement reste un défi et l’on suit la situation de très près. Nos fournisseurs sont à pied d’œuvre pour subvenir à la demande », indique un porte-parole de la SQDC, Fabrice Giguère, tout en mentionnant qu’aucun bilan ne serait fait aujourd’hui. 

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Les mines étaient basses, jeudi, à la sortie du commerce. Parmi eux, Marc-André Desmarais, un consommateur manifestatement irrité de la situation. 

« C’est plate qu’il n’y ait pas grand-chose sur les tablettes ces temps-ci et ça fait longtemps. Il y a des gens qui achètent beaucoup de la rue. La moitié de ces gens vont être forcés de s’approvisionner illégalement. Ceux-ci ne veulent plus l’acheter sur le marché noir, mais comme les tablettes sont vides, ça crée des problèmes », estime celui qui consomme depuis 23 ans.

« Le crime continue, poursuit-il. On aimerait que les tablettes soient remplies. Il manque beaucoup de choses et les produits importants ne sont pas sur les tablettes. Ce qu’il y a actuellement, c’est du cannabis sans THC. Ces casiers sont pleins depuis l’ouverture. Le produit s’appelle Argile, je n’ai rien contre ça, mais il n’y a rien dedans. »

Est-ce qu’il y a une bonne différence de prix par rapport à la rue? « C’est énorme! On parle d’une différence de 125 $ pour 30 grammes », décrit-il, ajoutant qu’il trouve dommage que la société d’État n’ait pas ouvert d’autres succursales, car les clients viennent de loin pour acheter leur pot, selon Marc-André Desmarais. 

« Le gouvernement ignorait certaines choses sur le temps de production, d’approvisionnement, de séchage. Il s’était renseigné sur quelques sortes, mais certaines prennent six semaines à fleurir. Je pense que les variétés qu’ils ont ne viendront pas tout de suite. Ça va prendre des mois », prévoit le consommateur de longue date. 

Est-ce qu’il y a une bonne différence de prix par rapport à la rue? « C’est énorme! On parle d’une différence de 125 $ pour 30 grammes », décrit Marc-André Desmarais.

Qualité

Jean-Michel Lévesque et sa mère Sophie Desbois tentent maintenant d’acheter leur cannabis légalement à la SQDC. « On n’a pas le THC qu’on voudrait. Moi, je fume pour calmer mon anxiété, si le pot n’est pas assez fort, ça ne la calme pas assez. Quand tu fumes beaucoup et que le pot n’est pas assez fort, tu fumes encore plus », dit M. Lévesque, qui consomme les soirs. Sa mère, elle, fume de deux à trois joints par jours afin de soulager sa douleur. 

« On achète plus souvent sur le marché noir qu’ici, soutient M. Lévesque. Souvent, on vient, mais ça ne vaut pas la peine. On sait qu’on a plus de chances d’avoir ce qu’on veut dans la rue. »

« Ça dépend encore, relativise M. Lévesque. Dans la rue, on n’a pas les informations. La qualité est vraiment meilleure ici. Ici (à la SQDC), tu sais ce qu’il y a dedans. Quand tu l’égraines, tu vas en avoir plus à la SQDC que dans la rue. Sur le marché noir, ils veulent que la plante pousse le plus vite possible, tandis qu’ici, dès qu’il y a une cocotte, ils l’enlèvent. Ça reste de petites cocottes. Il n’y a pas de grosses branches dedans. »

Sur le site web de la SQDC, la majorité des produits sont actuellement en « rupture de stock ».

Mme Desbois et son fils apprécient le travail des employés de la SQDC. « Côté service, les gens sont super corrects. Ils sont bien formés. Quand on arrive, on ne se sent pas jugés. C’est comme si l’on allait acheter du pain », résume-t-elle.