Cette semaine, Claude Trudel (en bas, à droite), a organisé des retrouvailles pour son ancienne équipe. Sur cette photo, la version 2020 des Vics bantam de Granby 1970-1971. — photo Julie Catudal
Cette semaine, Claude Trudel (en bas, à droite), a organisé des retrouvailles pour son ancienne équipe. Sur cette photo, la version 2020 des Vics bantam de Granby 1970-1971. — photo Julie Catudal

Les champions du premier Tournoi bantam se retrouvent

GRANBY — Il y a 50 ans, les Vics de Granby remportaient le tout premier Tournoi bantam présenté dans leur ville avec une victoire de 5-2 contre St-Michel. Ce jour-là, Claude Trudel a joué le match de sa vie en réussissant un tour du chapeau. Le 20 février dernier, il a invité chez lui ses anciens coéquipiers pour des retrouvailles. Rencontre à laquelle La Voix de l’Est a eu la chance de participer.

« Physiquement, les gars ont changé. Une couple de kilos de plus, un peu moins de cheveux, mais leur expression faciale, leur sourire, le body language, c’est la même affaire qu’il y a 50 ans, avec une vie derrière eux », lance Jean Rheault, qui était le capitaine de la formation granbyenne.

L’été dernier, lui et Claude Trudel ont eu l’idée d’organiser des retrouvailles. Sur les 15 joueurs qui évoluaient dans les Vics cette année-là, 12 ont répondu à l’appel. Dans le temps, tous avaient 13 ou 14 ans. « Il y a en deux que je vois régulièrement, mais il y en a plusieurs que je n’avais pas vus depuis toutes ces années», raconte Claude, qui n’a pas eu trop de difficultés à retrouver ses anciens coéquipiers. 

Quand on leur demande s’ils se souviennent de ce match de janvier 1971, leur réponse est unanime : c’est comme si c’était hier ! 

Leurs yeux s’éclairent alors que la bande vidéo de leurs souvenirs défile dans leur mémoire, là où l’euphorie de la victoire est encore très vive.

Les Vics de Granby ont remporté le premier Tournoi de hockey bantam de Granby en 1971 grâce à une victoire de 5-2 contre St-Michel en finale.

« Je me souviens du plaisir... tabarouette ! J’ai joué au hockey pas mal, mais je pense que c’est le plus beau moment de toute ma carrière», raconte Jean Rheault, qui a pratiqué ce sport de l’âge de 6 ans jusqu’au niveau midget. 

Il jouait au poste de défenseur droit et il adorait fabriquer les jeux à partir de sa ligne bleue. Son coéquipier et ami Claude était particulièrement bon pour se démarquer et la chimie opérait entre les deux. 

« Ce match-là, Ti-Claude était sur la coche, poursuit-il. Je crois qu’il a joué son meilleur match de l’année. Il était toujours le mieux placé par rapport à l’autre équipe, il se démarquait vraiment bien. Ce ne sont pas tous les gars de l’équipe qui étaient capables de faire ça, mais Claude, oui.»

Tout le premier trio avait connu une finale productive. Claude (ailier gauche) a terminé la partie avec une passe et un tour du chapeau. Robert Moison, lui, a obtenu un but et quatre aides alors qu’André Desroches aurait fait « quelques passes», se souvient Claude. 

« C’est notre tournoi, c’est notre ville. On y va, on bat toutes les meilleures équipes et on gagne ! On était la meilleure équipe au Québec cette année-là !», assure-t-il avec joie. 

Leur relation avec leur entraîneur y était pour quelque chose, croient-ils. 

Pierre Gagné avait 20 ans lors de cette victoire, en 1971. 

« C’est quelqu’un avec beaucoup de respect. Si tu faisais une gaffe, il n’avait de problème avec ça, il te parlait. C’est quelqu’un de bien. Son assistant, Yves Charest, était vraiment bon aussi pour nous autres », se souvient Claude, qui estime que leur esprit d’équipe était un gage de succès. 

« On avait une belle camaraderie. C’était vraiment plaisant. On arrivait dans les pratiques, on se taquinait, c’était facile.» 

La version originale de l’équipe

Des valeurs qui ont servi

Aujourd’hui, Jean Rheault regarde ses amis et il constate que les apprentissages faits cette année-là, et à travers le sport au fil des années, auront servi toute leur vie. Les déceptions, les défaites, les victoires et les relations qu’ils ont vécues durant cette saison 1970-1971 ont forgé les hommes qu’ils sont devenus. 

Jean était un leader naturel. Sa performance personnelle passait bien après le bien-être et le succès de ses coéquipiers. « Mon naturel, c’est de m’occuper de la gang», dit-il.

Le leadership qu’il a développé en étant capitaine de la plupart de ses équipes sportives lui sert dans son boulot, par exemple, quand il monte et dirige des équipes de travail. 

À l’ère des technologies, Claude a l’impression que les sports d’équipe perdent la cote. 

« Je trouve que les jeunes d’aujourd’hui manquent peut-être quelque chose, car le sentiment d’appartenance, quand tu es un ado, c’est super important, estime-t-il. On appartenait à quelque chose de cool. On était apprécié et l’aréna était plein tout le temps.» 

« C’était une maudite bonne idée d’organiser ces retrouvailles, a souligné Jean, venu d’Asie spécialement pour l’occasion. Je suis content que Claude ait organisé ça.»