Olivier Rochon

Le skieur acrobatique Olivier Rochon prend sa retraite

Olivier Rochon a tellement aimé son année sabbatique qu’il ne renouera pas avec la compétition l’hiver prochain.

Le skieur acrobatique de Gatineau prend sa retraite après une carrière de 13 saisons marquée par huit médailles en Coupe du monde des sauts, un titre de recrue de l’année (2009), un globe de cristal (2012) et une cinquième position aux Jeux olympiques à PyeongChang. Il a confirmé au Droit avoir annoncé sa décision en début de semaine à l’entraîneur de l’équipe nationale, Jeff Bean.

L’athlète, qui fêtera ses 30 ans en juillet, avait pris une pause de la compétition en 2018-2019 avec l’intention de renouer avec l’action, l’automne prochain. Il jonglait toutefois avec l’idée de remiser ses skis de façon définitive depuis le milieu de l’hiver.

« C’est pas mal clair dans ma tête depuis janvier, mais j’ai quand même pris un peu de recul pour m’assurer que je prenais la bonne décision. J’ai fait des suivis avec mon psychologue sportif, a expliqué Rochon.

«Au début, je voulais faire un autre cycle olympique. Mais là, je suis en santé. Puis j’ai toujours dit que je ne voulais pas finir ma carrière en raison d’une blessure. Et des blessures, j’en ai eu plusieurs !»

Ses chevilles l’ont fait souffrir lors des dernières saisons. Ses genoux aussi, tout comme notamment une fracture au plancher orbital.

«Revenir serait jouer avec le feu», a soutenu Rochon. Il dit s’inspirer d’un autre ancien gagnant du globe de cristal, le skieur alpin Erik Guay, qui a pris sa retraite en novembre après avoir vu deux de ses coéquipiers se blesser en piste.

«Je lisais ce qu’il disait à ce moment. Que si tu n’es plus là mentalement à 100 % dans ton sport, ça commence à être dangereux. C’est là que tu peux te blesser sérieusement.»

Puis Rochon s’est amusé dans les divers emplois avec lesquels il jongle depuis l’été dernier. Quand il ne travaille pas dans un centre canin près de l’aéroport de Gatineau, on le retrouve à superviser des écoliers dans un service de garde d’une école de la région.

«J’ai aussi eu l’occasion de faire de la suppléance en éducation physique, a-t-il précisé. Je me suis rendu compte que ce sont toutes des choses que j’aime.»

Ce qui l’a convaincu aussi de retourner sur les bancs d’école au lieu de reprendre sa place au sein de l’équipe canadienne. Il est déjà inscrit dans un programme de deux ans en éducation spécialisée au Cégep Heritage.

«Je ne pensais jamais avoir autant hâte de ma vie de retourner à l’école comme ça, a-t-il lancé en riant. C’était soit que je retournais à l’école maintenant ou j’attendais à la fin du prochain cycle olympique. J’aurais alors 33 ans après les prochains Jeux...

«Je me dis que j’ai tout fait ce que je voulais. J’ai eu la performance de ma vie aux Jeux olympiques, même si je sais que tout le monde voulait un podium.»

Afin d’avoir l’esprit en paix, Olivier Rochon a assisté à une épreuve de la Coupe du monde en janvier à Lake Placid. Le même endroit où il avait gagné, un an auparavant, ce qui allait s’avérer sa dernière médaille en carrière sur la scène internationale.
«J’avais des papillons au ventre en voyant les gars sauter. Puis quand je les voyais faire certaines erreurs, je me revoyais en faire à mon tour... Ça me tentait moins.»

Ses anciens adversaires avaient tenté de savoir ce que l’avenir lui réservait en le croisant au bas de la rampe.

«Beaucoup de gens voulaient savoir si j’allais revenir. J’étais resté vague.»

Aujourd’hui, c’est officiel. C’est fini pour cet athlète qui a marqué la scène sportive de l’Outaouais depuis le milieu des années 2000. D’abord gymnaste au sein de l’équipe canadienne junior, il avait été recruté par Nicolas Fontaine pour se recycler en skieur acrobatique à l’épreuve des sauts. 

«J’ai eu une carrière de 13 ans en ski. Je n’ai aucun regret. La première moitié a été un peu rock’n’roll avec des hauts et des bas, a-t-il rappelé. Mais j’en ressors avec une expérience de vie incroyable. J’ai voyagé beaucoup. J’ai appris beaucoup sur moi-même. Je laisse une belle famille derrière moi.»