Le sénateur Patrick Brazeau a subi son dernier procès criminel mardi, en lien avec son arrestation du 3 avril 2016.

Le sénateur Brazeau de retour devant le juge

Le sénateur Patrick Brazeau, en procès pour refus de fournir un échantillon d’haleine lors d’un alcootest, jure avoir signifié aux policiers qu’il était prêt à se rendre au poste pour souffler dans un autre appareil.

Patrick Brazeau, qui s’est retrouvé en eaux très agitées entre 2013 et 2017, a subi mardi son dernier procès criminel.

Les faits reprochés se sont produits le 3 avril 2016, entre L’Ange-Gardien et Mayo, en Outaouais.

Les deux seuls témoins sont Patrick Brazeau et le policier de la Sûreté du Québec ayant procédé à son arrestation, Jean-François Poirier.

Ce dernier a expliqué avoir répondu à un appel concernant du désordre domestique en début de journée.

Il s’agissait de la conjointe de l’époque de M. Brazeau, indiquant qu’il avait « tout brisé » dans la résidence avant de prendre la fuite en voiture.

Selon M. Brazeau, le couple avait consommé une bouteille de vin et de la bière, mais seulement la veille. Le sénateur dit avoir partagé la bouteille à deux, et bu à lui seul « 5 ou 6 bières ».

Un conflit a éclaté pendant le souper, avant que M. Brazeau aille au lit, vers 23 h.

Une autre chicane a éclaté le lendemain, vers 7 h, et c’est à ce moment que le sénateur, déjà sur la sellette pour d’autres démêlés judiciaires, a pris la fuite dans une Hyundai Accent.

M. Brazeau a été arrêté par la Sûreté du Québec vers 7 h 30 à la suite d’un ratissage policier.

Le policier Poirier, qui avait déjà eu affaire à M. Brazeau, en crise, quelques mois auparavant, l’a reconnu.

Des policiers ont déroulé un tapis clouté sur la route pour le forcer à s’arrêter.

M. Brazeau a ensuite mis les clés sur le toit de la voiture, et en est sorti, à la suite des demandes répétées des agents de la SQ.

Refus

Selon l’agent Poirier, il est évident que Patrick Brazeau a feint de souffler correctement, à trois reprises. « Le conducteur avait les yeux vitreux et sentait l’alcool. »

Dans son témoignage, M. Brazeau a dit qu’il conduisait en pleurs, alors qu’il « était au fond du baril ».

Le policier lui a bien fait comprendre que de souffler incorrectement pouvait entraîner une accusation criminelle.

L’éthylomètre a indiqué une première fois que le souffle du conducteur était trop faible.

Le policier a ordonné à M. Brazeau de souffler correctement une deuxième fois, mais ce dernier « soufflait sans trop d’effort ». L’agent a eu l’impression que Patrick Brazeau mordait dans la paille servant d’embout à l’appareil, afin de réduire le débit entrant dans l’éthylomètre.

À la troisième tentative, le policier a senti que M. Brazeau « poussait sur la paille avec sa langue ».

L’appareil n’a jamais pu mesurer un taux d’alcool.

Silence

Patrick Brazeau, peu bavard, a été mis en état d’arrestation.

Le procureur de la Couronne lui a demandé, mardi, pourquoi il ne s’était pas inquiété du mauvais fonctionnement présumé de l’appareil, auprès des policiers. « J’ai étudié deux ans en droit civil, et on nous a toujours dit de garder le silence. C’est ce que j’ai fait », a répondu M. Brazeau.

Les policiers l’ont embarqué, avant de le déposer devant une bibliothèque du secteur Buckingham. On lui a remis une promesse de comparaître à une date ultérieure pour refus de fournir un échantillon d’haleine.

« Le policier m’a dit que j’étais libéré sous promesse à comparaître, a témoigné le sénateur. J’ai demandé pourquoi je n’allais pas au poste (pour souffler dans une autre machine) et on m’a répondu que je devais m’arranger avec mon avocat. »

Le sénateur a reçu une absolution dans une cause de violence conjugale et de possession de drogue, en octobre 2015.

Il a été blanchi des accusations de fraude et de dépenses injustifiées au sénat, en 2016.

Il a ensuite été acquitté d’une première accusation de conduite avec les capacités affaiblies, à Gatineau, le 27 avril 2017.