Le quart-arrière Hugo Richard a réalisé une belle performance pour son dernier match de football universitaire.

Le Rouge et Or remporte une 10e Coupe Vanier [PHOTOS]

Le Rouge et Or a gagné sa 10e Coupe Vanier, samedi après-midi. Et la satisfaction était double : battant les Mustangs de Western Ontario 34-20 en grande finale canadienne, le club de football de l’Université Laval a vengé sa défaite de l’an dernier.

Le tout devant 12 380 spectateurs réunis au stade du PEPS, moins bonne foule des cinq présentations du match de la Coupe Vanier à Québec.

Ce qui n’a pas empêché les favoris locaux, qui jouaient en blanc à titre officiel d’équipe «visiteuse», de connaître un départ canon. Sur les deux premiers jeux offensifs, le quart-arrière Hugo Richard a expédié une passe de 45 verges à Jonathan Breton-Robert, puis une autre de 46 verges à Vincent Forbes-Mombleau pour le touché. À peine 61 secondes d’écoulées et Laval menait 7-0!

«Les deux premiers jeux étaient déjà dans ma tête depuis quelques jours, je savais que c’est ça qu’on voulait faire», a expliqué le coordonnateur offensif Justin Ethier, après le triomphe. «On affrontait l’une des offensives les plus explosives au pays, alors fallait entrer avec une attitude différente, plus agressive en attaque que dans notre ligue, qui est très défensive.»

«Toute la semaine, on a dit à nos joueurs “on veut être agressifs, on veut être agressifs”. C’était la meilleure façon de le prouver», a poursuivi Ethier. «Si tu dis “on veut être agressifs” et que tu commences avec cinq jeux au sol, ils vont avoir de la misère à te suivre. Avec ça, je leur ai dit “regardez-moi bien aller!” Sur la première série, il n’était pas question de courir avec le ballon.»

Et Richard a été à la hauteur de cet énorme défi. À son dernier match universitaire, sans doute aussi son dernier en carrière, le quart-arrière de cinquième saison a offert l’une de ses grandes performances.

Le numéro 4 du Rouge et Or a réussi 23 de ses 31 passes (74%) pour 348 verges de gains aériens et deux touchés, en plus de lui-même porter le ballon à 10 reprises pour 60 verges et un majeur. Difficile de demander mieux pour des adieux.

«Ça n’a pas été parfait, mais considérant l’envergure et l’enjeu du match, on a très bien fait ça. On a pris des risques calculés, on est confiants dans ce qu’on fait», a de son commenté celui qui a été nommé joueur par excellence de la rencontre, remportant le trophée Ted Morris comme en 2016.

Le Rouge et Or a ainsi placé les Mustangs en situation de rattrapage dès le départ et ils les représentants de London, en Ontario, n’ont jamais été en mesure de combler le retard. Ont dû aussi au passage laisser tomber le jeu au sol, leur grande force, pour passer le ballon.

Le pivot de Western Chris Merchant a donc vu 26 de ses 46 passes captées (57%) par ses receveurs, dont une pour un touché, mais aussi trois autres interceptées. Ses 358 verges de gains aériens s’ajoutent toutefois à seulement 150 au sol, comparativement à 302 l’an dernier dans la victoire de Western contre Laval 39-17. Sans compter que 83 des 150 verges de samedi ont été gagnées au quatrième quart, en désespoir de cause.

La défensive du Rouge et Or se frottait donc les mains de ne pas avoir les porteurs de ballon Cedric Joseph (8 courses / 43 v.), un Montréalais, et Alex Taylor (10 courses / 24 v.) dans les pattes. Le secondeur de couverture Adam Auclair a été nommé meilleur joueur défensif de la rencontre (trophée Bruce Coulter), grâce à un retour d’interception de 38 verges et 10,5 plaqués.

«La défaite de l’an passé à la Coupe Vanier m’est souvent revenue en tête et on avait trop joué sur les talons», a de son côté commenté Glen Constantin, qui améliore sa marque canadienne avec un neuvième titre comme entraîneur-chef.

«Je connais mes coachs et j’aurais gagé ma chemise qu'on allait faire ça en partant. Il fallait montrer nos vraies couleurs dès le début. Je n’ai pas demandé spécifiquement à Justin de faire ça, mais on se parle beaucoup et on se comprend. On devait ébranler leur confiance», assure Constantin.

Outre les majeurs de la recrue Forbes-Mombleau et du finissant Richard, les autres touchés des vainqueurs appartiennent au receveur finissant Benoît Gagnon-Brousseau (passe 22 v.) et au porteur Alexis Côté (course 7 v.). Soulignons de plus les 154 verges de gains par la passe de Jonathan Breton-Robert.

Il s’agit de la quatrième saison parfaite du Rouge et Or après 2013, 2010 et 2008. Les Mustangs ont pour leur part mis fin à une séquence de 23 victoires consécutives et raté l’occasion de devenir la première équipe de l’histoire à coller deux campagnes parfaites d’affilée.

«Parfois on gagne, parfois on perd», a affirmé le pilote de Western, Greg Marshall, en référence à la finale de l’an dernier et à celle de cette année. «J’ai déjà fait le dépôt pour la chambre d’hôtel pour l’an prochain», a-t-il ajouté à la blague, à propos de la prochaine finale de la Coupe Vanier qui aura encore lieu à l’Université Laval. «J’aime les fans de Laval, ils sont très intenses.»

L’assistance de 12 380 personnes s’avère inférieure aux 12 557 présents à Québec pour la finale entre Montréal et UBC, en 2015, et beaucoup moins que les deux matchs de la Coupe Vanier impliquant le Rouge et Or sur son propre terrain en 2013 (18 543) et en 2010 (16 237).  Avec Ian Bussières


10e triomphe du Rouge et Or en finale de la Coupe Vanier.