Matthew Vincent Raymond, vêtu d’une combinaison orange, était accompagné de plusieurs policiers à son arrivée au tribunal.

Le présumé tireur de Fredericton plaidera non coupable

FREDERICTON — L’homme qui aurait tué deux civils et deux policiers lors de la fusillade survenue à Fredericton, le 10 août, a l’intention de plaider non coupable, selon son avocat.

Me Nathan Gorham en a fait l’annonce devant le palais de justice, lundi, après la comparution de son client.

Vêtu d’une combinaison orange, Matthew Vincent Raymond n’a pas dit un mot devant le tribunal, où il doit répondre à quatre chefs d’accusation de meurtre relativement à la mort des policiers Sara Burns et Robb Costello et des civils Donnie Robichaud et Bobbie Lee Wright.

Menottes aux pieds, il avait le regard fixé au sol pour une bonne partie de l’avant-midi, mais les personnes présentes dans la salle ont tout de même pu remarquer sa minceur, sa tête quelque peu dégarnie et sa barbe grisonnante.

La comparution de Matthew Vincent Raymond, âgé de 48 ans, représentait la première occasion pour les médias de diffuser des images de lui autre qu’une photo floue datant de son passage à l’école secondaire.

Les deux policiers et les deux civils ont été tués le 10 août, à l’extérieur d’un immeuble d’habitation dans la capitale du Nouveau-Brunswick. Selon des documents de la cour, la fusillade s’est conclue lorsque le tireur présumé a été atteint à l’abdomen par les balles de la police.

La défense a présenté un élément de preuve au juge de la cour provinciale Julian Dickson, mais ce dernier a imposé une ordonnance de non-publication. Le magistrat a ajourné l’affaire jusqu’au 24 septembre.

L’avocat de Matthew Vincent Raymond a expliqué que la cause n’avait pas pu aller de l’avant lundi parce que les conclusions de l’enquête n’ont toujours pas été dévoilées par les policiers.

La procureure de la Couronne, Darlene Blunston, a précisé qu’elles ne seraient pas rendues disponibles avant la première semaine d’octobre.

L’accusé pourra enregistrer son plaidoyer lorsque son dossier sera transmis à la Cour du Banc de la Reine. Me Gorham compte d’ailleurs réclamer une enquête préliminaire.

Une audience très suivie

Des proches des victimes comptaient parmi la foule d’environ 70 personnes rassemblée dans la salle d’audience, que le shérif George Oram a mise en garde contre toute perturbation.

La sécurité avait été resserrée au palais de justice, où un périmètre avait été érigé autour d’une grande partie du stationnement et où des véhicules policiers avaient été disposés de sorte à bloquer la vue de l’entrée du bâtiment.

M. Costello, âgé de 45 ans, travaillait en tant que policier depuis une vingtaine d’années et a laissé quatre enfants dans le deuil. Mme Burns, 43 ans, était pour sa part agente depuis deux ans et mère de trois enfants.

De son côté, M. Robichaud, âgé de 42 ans, avait trois enfants et avait récemment entamé une relation amoureuse avec Mme Wright, qui s’est quant à elle éteinte à l’âge de 32 ans.

Des milliers de policiers et de premiers intervenants issus de partout en Amérique du Nord se sont rendus au Nouveau-Brunswick, le samedi 18 août, pour assister aux funérailles régimentaires des deux policiers.

Les amis et les connaissances du présumé tueur en brossent des portraits variés.

Certains se souviennent des longues périodes durant lesquelles il se retirait dans l’univers des jeux vidéo, tandis que quelques-uns de ses collègues entretiennent la mémoire d’un employé de supermarché aimable.

D’autres témoignages plus récents dépeignent un homme solitaire de plus en plus isolé qui a été expulsé d’un magasin de vélos et d’un café pour son comportement erratique.