Une cinquantaine de personnes ont manifesté devant le premier Burger King syndiqué à Granby, vendredi.

Le premier Burger King syndiqué toujours sans convention collective

Les négociations entre le propriétaire du Burger King de Granby et le Syndicat des employé-es de la restauration de la CSN (SER-CSN) sont dans l’impasse. Accrédités depuis février 2018, les employés de ce restaurant, devenu le premier syndiqué de la chaîne au Québec, sont toujours sans convention collective.

Un groupe d’une cinquantaine de syndiqués et de salariés de la CSN de différents secteurs d’activité s’est fait entendre, vendredi en fin d’avant-midi. Leur manifestation servait non seulement à dénoncer la stagnation des négociations, mais aussi à donner du courage et un support moral à la douzaine d’employés.

Ce sont les employés qui ont fait appel à la CSN. L’employeur « n’a aucun respect pour les horaires de travail. Il ne respecte pas les normes minimales du travail et les employés ne sont pas capables d’avoir un talon de paie de façon régulière, énumère le président du SER-CSN, David Bergeron-Cyr. Il ne respecte même pas les politiques de Burger King. Normalement, t’es censé avoir trois chemises par employé pour pouvoir travailler. Il y a des employés qui n’en ont qu’une depuis qu’ils travaillent chez Burger King, donc s’ils veulent travailler dans du linge propre, ils doivent laver leur linge tous les soirs. »

L’ancienneté ne serait pas non plus respectée dans les horaires de travail. Devant ces situations persistantes, les employés du restaurant appartenant à la Corporation des franchises Redberry ont fait une demande pour se syndiquer, ce qui a été accepté à la fin février. Ce restaurant est alors devenu le premier de la chaîne de restauration rapide à être syndiqué au Québec. 

Négociation laborieuse

La négociation pour la première convention collective a commencé au printemps. Près d’une dizaine de rencontres ont eu lieu. Les négociateurs pour l’employeur « disent non à tout, ça n’avance pas, déplore M. Bergeron-Cyr. Ce qu’ils veulent, c’est traîner la négociation en longueur et négocier une convention à rabais et c’est pour ça qu’on est ici aujourd’hui. »

Les deux parties sont en conciliation avec le ministère du Travail, indique le président du SER-CSN. L’arbitrage est la prochaine étape. « Et puis, évidemment, s’il faut faire une gradation des moyens de pression, c’est ce qu’on va faire. Les employés ont adopté un vote à 100% pour entamer des moyens de pression, excluant la grève. On va utiliser tous les moyens possibles pour que l’employeur négocie comme il faut. »

Les demandes du syndicat sont principalement le respect de l’ancienneté, des normes du travail et de celles de Burger King ainsi que des augmentations de salaire « très raisonnables ».

Il ne nous a pas été possible de parler à un représentant de Burger King, vendredi.

Les demandes du syndicat sont principalement le respect de l’ancienneté, des normes du travail et de celles de Burger King ainsi que des augmentations de salaire « très raisonnables ».

Vague de syndicalisation en restauration

La présence du groupe était également prétexte à inaugurer officiellement le Syndicat des employé-es de la restauration de la CSN, qui a vu le jour en même temps que l’accréditation des employés du restaurant de la rue Principale, à Granby. Seuls membres pour l’instant, ils seront rejoints par d’autres employés de la restauration qui feront une demande de syndicalisation auprès de la CSN.

Le Burger King de Granby pourrait ne pas être le seul de sa chaîne à se doter d’une convention collective, prévient le président du SER-CSN. Au-delà de cette chaîne, la Confédération des syndicats nationaux compte poursuivre son offensive pour représenter davantage d’employés de la restauration.

 « Il y a un besoin immense, croit David Bergeron-Cyr. On pense que, dans la plupart des restaurants au Québec, il n’y a pas de bonnes conditions de travail: les salaires sont pourris, il n’y a pas d’avantages sociaux, pas de régime de retraite, souvent les employeurs forcent les employés à partager leur pourboire. »

Jusqu’à présent, la CSN compte environ 2000 membres qui travaillent dans le secteur de la restauration. Ils ont cependant été syndiqués avant la création du SER-CSN, précise Noémi Desrochers, responsable des communications pour la CSN, et n’en font donc pas partie.