Le police de Gatineau ne prévoit aucune sanction

Le Service de police de la Ville de Gatineau (SPVG) n’interviendra contre la propriétaire du pitbull qui a attaqué un garçon de sept ans, vendredi, dans le secteur Aylmer.

L’agente Andrée East, du SPVG, a indiqué, mardi, qu’aucune plainte formelle n’avait été déposée, et que, en ce sens, aucun constat d’infraction ne serait donné à la propriétaire. « S’il n’y a pas de plainte, il n’y a pas de mesure qui est entreprise. »

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Mardi, le SPVG a mentionné que l’enfant se trouvait chez une amie de sa mère. Cette amie venait d’acquérir le chien.

L’animal et l’enfant ont été laissés seuls pendant quelques minutes.

Le garçon a été mordu au visage. Sa lèvre inférieure a été coupée en deux et un de ses yeux a été touché. Joint au téléphone, son père, Jean-François Renaud, a rapidement précisé que son fils s’en sortait bien, dans les circonstances.

L’animal sera euthanasié.

Tests comportementaux

Le directeur général adjoint de la Société pour la prévention de la cruauté envers les animaux (SPCA) de l’Outaouais, Maxime Daigle, précise que cet animal avait réussi les tests d’aptitude, avant d’être confié à un nouveau propriétaire.

Le chien ne représentait pas de risque d’agression, selon M. Daigle. Un comportementaliste de la SPCA de l’Outaouais a étudié l’attitude du chien avant son adoption définitive.

« Cela va pour tous les chiens mis en adoption, a précisé le directeur général adjoint. C’est le même test pour toutes les grosseurs de chiens. »

Bien que le chien impliqué ait « passé le test » à la SPCA, son directeur adjoint précise que son organisme « ne recommande pas que les gros chiens soient laissés avec des enfants de moins de 12 ans ».

L’animal et l’enfant ont été laissés seuls pendant quelques minutes.

«À la suite de l’attaque, a dit l’agente East, l’animal a été abandonné, et devrait être euthanasié.»

Un enfant et un chien peuvent avoir des gabarits semblables, et leur excitation peut être spontanée, précise M. Daigle. « À la même hauteur, un chien peut morde un visage. On fait les mêmes recommandations pour n’importe quel gros chien, même les Labrador. »

Loi

Selon la directrice de la SPCA de l’Outaouais, France Dubois, la réglementation est difficile et complexe à appliquer.

Le 13 juin 2018, le gouvernement provincial a adopté la Loi 128, « visant à favoriser la protection des personnes par la mise en place d’un encadrement concernant les chiens ».

La loi prévoit des dispositions pénales pour les contrevenants qui ne respectent pas, entre autres, les « normes additionnelles applicables aux chiens déclarés potentiellement dangereux ».

Parmi ces dispositions, résumées dans un communiqué émis en juin 2018, on lit que les propriétaires doivent redoubler de prudence avec les enfants.

« En présence d’un enfant, le chien devra être sous la supervision constante du propriétaire ou du gardien ».

Dans le même communiqué, le gouvernement avait souligné qu’une vingtaine de groupes s’étaient exprimés sur la question, lors des consultations publiques.

« Ces consultations ont mis en lumière qu’il n’existait pas de consensus scientifique permettant d’identifier une race de chiens comme étant potentiellement dangereuse et que, même dans les provinces où une telle législation existe, des municipalités déclaraient ne pas être en mesure d’appliquer de telles mesures (...) Ainsi, des normes minimales s’appliqueront à l’ensemble des chiens, tandis que des mesures additionnelles viseront les chiens déclarés potentiellement dangereux par la municipalité. »