Le pdg du Port de Québec, Mario Girard, s'attendait à du septicisme face à la nouvelle orientation du projet d'agrandissement dans le secteur Beauport.

Le pdg du Port de Québec défend le projet de terminal de conteneurs

Le président-directeur général du Port de Québec s’attendait à ce que le projet de terminal de conteneurs qu’il destine à la baie de Beauport suscite des questionnements. Mario Girard réplique que son administration «a fait ses devoirs» et s’appuie sur des bases «solides».

«Bien sûr, proposer de changer un modèle existant vient avec son lot de scepticisme, d’interrogations et de résistance. Comme entrepreneur, je sais que vouloir changer le modèle ne vient pas toujours aisément», a déclaré M. Girard jeudi, lors de sa traditionnelle conférence de presse de début d’année.

Le grand patron de l’Administration portuaire de Québec (APQ) avait préparé trois arguments à titre de réplique au Port de Montréal et à ses alliés, mais aussi aux citoyens de Québec qui critiquent le projet.

«C’est après un long parcours jalonné d’études de marchés, d’analyses de fluidité et de consultations d’experts internationaux que nous avons décidé d’aller de l’avant avec notre projet de terminal de conteneurs. Nous sommes solides», a-t-il d’abordé établi.

Invité à nommer ces experts, M. Girard a identifié la banque d’affaires HSBC ainsi que les firmes de consultation américaines Mercator International et Advisian, spécialisées dans les transports. Le Port a déjà révélé avoir investi 500 000 $ dans des études sur le marché des conteneurs et l’aménagement de la ligne de quais projetée à Beauport.

Le pdg a ensuite plaidé que le projet avait reçu une réponse «tout simplement extraordinaire» de la communauté, sans préciser s’il s’agissait de la population ou du milieu des affaires devant lequel il a dévoilé ses plans en décembre. «En sept ans au Port, je n’ai jamais vu un tel engouement pour un de nos projets», a-t-il laissé tomber.

Enfin, M. Girard a assuré que l’annonce du Port de Québec «a généré beaucoup d’intérêt sur la planète maritime». «On a fait écho du projet tant en Amérique qu’en Europe et en Asie», a-t-il souligné. 

L’APQ arrive toujours à la même conclusion : la taille grandissante des navires requiert une profondeur d’eau bien supérieure à ce que Montréal peut offrir, donc pour éviter que le fleuve Saint-Laurent ne soit éjecté du commerce maritime dans l’est, le transbordement des conteneurs devra désormais se concentrer à Québec.

C’est le message que Mario Girard portera à l’étranger dans ses discours publics et lors des rencontres de prospection qu’il entend organiser avec des armateurs et des opérateurs de terminaux. Sur une échelle plus locale, il doit aussi convaincre les représentants des ports québécois, à qui il propose de travailler en équipe, les transporteurs ferroviaires comme le Canadien National et Québec-Gatineau, ainsi que les entreprises maritimes habituées au Saint-Laurent.

Le Port de Québec estime toujours être en mesure de compléter l’étude des effets environnementaux de son terminal de conteneurs et de répondre aux précédentes questions de l’Agence canadienne d’évaluation environnementale (ACEE) d’ici la fin de mars. Il promet également une «journée portes ouvertes» pour expliquer son projet aux citoyens de Québec.

Si l’ACEE est satisfaite des informations, M. Girard imagine que le rapport préliminaire pourrait être publié et faire l’objet de consultations publiques d’ici l’été. Il admet toutefois n’avoir pas le contrôle de l’agenda en pareille matière.

En parallèle du plan de développement Beauport 2020, l’APQ a aussi déposé quatre projets de réfection de ses infrastructures qui pourraient se qualifier pour des subventions fédérales et provinciales, par exemple l’écluse au bassin Louise et différents quais visés par des limites de charges. Des réponses sont attendues dans les prochains mois, mais le patron du Port prévient qu’«il y a beaucoup plus de demandes que d’enveloppes». 

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Bonne croissance en 2017

L’année 2017 a été «excellente» au Port de Québec selon le grand patron, Mario Girard. Environ 27,5 millions de tonnes de marchandises ont été manutentionnées, dont un record de 8,2 millions de tonnes de minerai de fer. Cela donne une croissance annuelle de 11 %. Du côté des croisières, un sommet a été atteint avec 132 escales et 201 000 visiteurs. M. Girard prédit que l’année 2018 sera assez semblable à la précédente. Il rappelle également que le congrès de l’Association internationale villes et ports se tiendra à Québec du 11 au 14 juin. Il s’agit d’une première incursion en Amérique du Nord pour l’AIVP, qui fête son 30e anniversaire cette année. Environ 500 délégués de 55 pays sont attendus pour discuter des liens entre les villes et les ports.  Annie Morin 

Discussions autour des silos à granules

Le pdg du Port de Québec est confiant de trouver une nouvelle vocation pour les immenses silos destinés aux granules de bois à l’anse au Foulon, désertés par l’entreprise Rentech qui avait pourtant signé un contrat d’approvisionnement de 10 ans avec Arrimage Québec. Mario Girard a assuré mercredi que des «discussions commerciales» étaient en cours et pourraient aboutir en 2018. «C’est une super infrastructure à la fine pointe, très moderne en terme de transbordement. C’est extraordinaire ce qu’on a fait là au niveau technologique et il y a du marché potentiel pour ça», a-t-il commenté. «C’est trop tôt pour dire ce sera quoi, mais c’est des projets intéressants qui vont respecter l’esprit de ce qu’on avait dit au Foulon : c’est-à-dire vrac vert, sous couvert, faible empreinte carbone», a-t-il ajouté.