Le pasteur Paul Mukendi au palais de justice de Québec le 7 juin dernier

Le pasteur Mukendi réclame la liberté durant l’appel

Le pasteur Paul Mukendi peut et doit être remis en liberté durant les procédures d’appel, plaide son avocate, car il ne représente aucun danger pour quiconque et a des motifs sérieux d’en appeler de sa condamnation.

Le 29 juin, le pasteur de l’église Parole de Vie a été déclaré coupable par le jury des neuf accusations portées contre lui, principalement des agressions sexuelles et des voies de fait à l’égard d’une jeune fidèle, sur une période de 13 ans.

Détention immédiate

À la demande de la Couronne, le pasteur de 41 ans, en liberté durant les procédures, a été immédiatement placé en détention. Si sa condamnation est maintenue, il fait face à une peine de plusieurs mois de prison.

Le juge Jean-François Émond de la Cour supérieure a commis une erreur en ordonnant la détention immédiate, estime Me Dominique Bertrand, avocate de Paul Mukendi.

Le juge a négligé de tenir compte du fait que le pasteur avait scrupuleusement respecté ses conditions de remise en liberté depuis octobre 2017 et qu’il ne représente aucun risque de fuite en raison de ses attaches familiales et professionnelles ni aucun danger pour quiconque.

Notion de confiance

Le juge a considéré que le maintien en liberté de l’homme désormais coupable nuirait à la confiance du public en l’administration de la justice.

L’inverse peut être tout aussi vrai, croit l’avocate du pasteur. «La confiance du public peut aussi être plus affectée par le fait qu’on garde une personne incarcérée alors que les moyens d’appels sont importants, a fait valoir Me Bertrand devant la Cour d’appel. S’il est déclaré non-coupable, cela aura un impact important sur la confiance du public.»

L’avocate martèle que son client a des motifs d’appel très sérieux et est victime d’un réel «déni de justice». «La plaignante s’est contredite à plusieurs reprises», donne Me Bertrand, à titre d’exemple.

Demande prématurée

La Couronne considère comme prématurée la demande de remise en liberté faite alors que Mukendi n’a même pas reçu sa peine. Une date a été retenue (28 août) pour les représentations sur la peine, mais les parties ne s’entendent pas sur les procédures qui pourront être faites ce jour-là.

Aucune circonstance exceptionnelle ne vient donner le pouvoir à la Cour d’appel de réviser l’ordonnance de détention, estime la procureure de la Couronne Me Sonia Lapointe.

La procureure invite la Cour d’appel à faire preuve de déférence envers les motifs du juge Émond, qui, lui, a entendu la preuve administrée au procès.

Si la Cour d’appel décide de remettre le pasteur en liberté, la Couronne demande à ce qu’il lui soit interdit de faire toute référence à la cause ou à la plaignante sur les réseaux sociaux. Au lendemain du verdict, l’église Parole de Vie a publié un long vidéo en soutien au pasteur.

La juge Geneviève Cotnam a pris la cause en délibéré.