Victor Robitaille-Drouin

Le juge au procès de l'ex-portier du Folichon traité de «gérant d’estrade»

L’ancien portier du Folichon Victor Robitaille-Drouin en appelle de sa condamnation pour voies de fait graves sur un client... en traitant le juge de gérant d’estrade.

Robitaille-Drouin, 35 ans, a été déclaré coupable le 6 mai. Il n’a pas encore reçu sa peine.

Son avocat Me Dominic Bouchard interjette appel en raison, écrit-il, de plusieurs erreurs de droit commises par le juge Jean-Paul Decoste de la Cour du Québec.

Le 12 février 2014, le portier a asséné un coup de poing à un client récalcitrant qui acceptait mal son expulsion. Le juge a évalué que ce coup avait été porté avec une force déraisonnable, qui engage la responsabilité criminelle du portier.

En refusant la défense de légitime défense, le juge Decoste, écrit MBouchard, a omis de considérer que le client avait essayé d’étrangler le portier et avait eu un comportement agressif. Le juge a plutôt adopté une position «dogmatique et exigeante», écrit l’avocat de défense, «comme le ferait un observateur au regard critique, qui serait confortablement assis dans son fauteuil, regardant la vidéo de l’expulsion comme un gérant d’estrade, sans se demander ce que cet observateur aurait fait de mieux, si placé dans les mêmes circonstances».

Selon la défense, le juge de la Cour du Québec aurait dû prendre en considération la «très grande force physique» de la victime, un longiligne avocat civiliste. Victor Robitaille-Drouin a pour sa part déjà participé à des concours d’hommes fort.

L’avocat du portier estime que le juge Decoste s’est montré partial à plusieurs reprises dans le procès et a négligé la disparition ou l’absence de plusieurs éléments d’enquête, commettant des erreurs «manifestes et dominantes rendant son verdict déraisonnable».