«Je suis très enchantée. Il y a plus de commerces et d’espace. On peut faire notre épicerie» a déclaré une cliente au Soleil.

Le Grand Marché accueille ses premiers clients [PHOTOS et VIDÉO]

«Lumineux, accessible, spacieux et diversifié.» Des avis unanimes, une clientèle au rendez-vous et des commerçants visiblement ravis de l’accueillir. Tous les éléments étaient réunis vendredi pour faire une réussite du premier jour d’ouverture du Grand Marché d’ExpoCité. Il ne manquait que les fraises et le soleil.

Comme la perfection n’est pas de ce monde, l’absence bien incontrôlable de l’astre lumineux et de la reine des fruits printaniers est possiblement le seul bémol de la journée d’inauguration.

Plus sérieusement, le directeur de la Coopérative des horticulteurs de Québec, Daniel Tremblay, gestionnaire des lieux, cachait mal son excitation peu avant le coup de 9h au moment où les portes s’ouvraient une première fois à la clientèle.

«C’est l’aboutissement de trois ans de travail pour arriver à un résultat au-delà des attentes. Nos commerçants et nos producteurs sont prêts.»

Avec 31 commerces permanents et 80 étals saisonniers, 56 intérieurs et 24 extérieurs, l’offre alimentaire du Grand Marché est bonifiée comparativement à celle du défunt Marché du Vieux-Port, qui comptait 60 étals.

«C’est une offre généreuse et complète. Ça va de la brûlerie à la boulangerie en passant par les pâtes fraîches et la boucherie. Il y a même un magasin général pour compléter l’offre, pour que les gens retrouvent l’ensemble des produits sous le même toit», rappelle M. Tremblay.

Depuis son annonce, le projet d’environ 25 millions $ a fait l’objet de critiques. Premièrement parce qu’il implique la démolition de l’actuel Marché du Vieux-Port. Puis, parce que plusieurs doutent que le lieu attirera la clientèle qui fréquentait l’ancien marché. 

Sur ce dernier point, il est difficile de prédire la réussite à long terme. Mais force est d’admettre que des centaines de clients et curieux de partout en ville étaient sur place dès l’ouverture.

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Que du positif

«Que le marché soit au Vieux-Port ou à ExpoCité, ça ne change rien, je vais continuer à venir. En plus, c’est magnifique», lance Jennifer Egan, qui habite Grande Allée.

Pierre Robichaud est de Lebourgneuf. Il était «satisfait» de sa première visite. Pour lui, l’accessibilité au site est un gage de réussite. «Ce matin, ça a bien été pour s’y rendre. Il faut que ça reste de même», insiste-t-il, tout aussi ravi de la qualité des producteurs.

«Au Vieux-Port, le stationnement n’était pas pratique. On n’y allait pas à cause de l’accessibilité. Ici, c’est central. Lorsqu’on reviendra à Québec, on va arrêter en passant», témoignent en cœur Jean-Yves Lessard et Line Sanschagrin, un couple venu d’aussi loin… que Stoneham.

Maude Chevrier du quartier Saint-Sauveur avoue qu’elle se rendait au Vieux-Port seulement pour l’arrivage du crabe, bien qu’elle travaille à proximité. 

«Je suis très enchantée. Il y a plus de commerces et d’espace. On peut faire notre épicerie. J’aime aussi tout l’aménagement extérieur avec les jeux [à venir] pour les enfants et la terrasse. On peut venir en famille prendre un café ou une bière. C’est vraiment chouette.»

Et on pourrait continuer longtemps. Un trio de dames de Charlesbourg, comme les sœurs Catherine et Louise Bouchard, de Courville partagent aussi le même avis.

«On n’a jamais eu de doute. On était très confiant, s’exclame Daniel Tremblay, qui prenait aussi le pouls de la clientèle et des commerçants. On comprend qu’il pouvait y avoir des inquiétudes et des incertitudes. Je pense que les gens qui vont découvrir le marché vont l’adopter.»

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Commerçants fébriles

La Laiterie Charlevoix est un des 31 commerces permanents du Grand Marché. L’entreprise familiale de Baie-Saint-Paul est aussi un nouveau joueur dans l’offre de produits.

«Tout le monde est très fébrile. Il manque quelques détails, mais au fil des semaines, on va se mettre en place, lance Philippe Labbé, qui croit dans la réussite du projet. Il y a des gens qui étaient au Vieux-Port et d’autres comme nous qui se joignent à eux. Le regroupement est très intéressant. Ça va attirer du monde. Il y a aussi l’accessibilité aux autoroutes», soutient-il.

«C’est lumineux, plus efficace, mieux organisé. Ça va être plus agréable pour le travail», se réjouit Catherine Monna de Cassis Monna et filles, qui occupait un kiosque dans le vieux marché.

«On rentre dans un espace magnifique. On a pu faire une mise à niveau de notre kiosque qui se rapproche plus de notre esthétisme. Et on en a profité pour offrir de nouveaux produits», s’enthousiasme-t-elle.

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Comme son voisin de la Laiterie, elle a confiance que la clientèle répondra «présent» à l’appel du Grand Marché. «On voyage beaucoup pour s’inspirer. On est amateur d’agrotourisme et de marché public à travers le monde. Et vraiment, c’est mission accomplie. Je vais venir ici d’abord comme cliente.»

«Les gens me disent qu’ils sont surpris de l’ampleur du projet, s’exclame Guylaine Roy de la Tomaterie Saint-Pierre-Les-Becquets, dont la bonne humeur était contagieuse. Les gens sont avec nous malgré la température, c’est extraordinaire», ajoute-t-elle, sur un ton qui témoignait de la fébrilité ambiante.

Philippe Goyette de Délices d’antan est un de ceux qui bonifie l’offre avec ses beignes traditionnels aux patates. Il partage les propos de Daniel Tremblay et embarque avec assurance dans cette nouvelle aventure. «Je ne suis pas inquiet. Les gens vont découvrir le Grand Marché et y revenir.»