Le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge

Le gouvernement mettra des années avant de régler la pénurie d’enseignants [VIDÉO]

Le gouvernement Legault mettra des années avant de régler la pénurie d’enseignants dans les écoles.

En cette journée de rentrée des classes pour un grand nombre d’élèves mercredi, le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, a appelé les parents à la patience.

En mêlée de presse avant de se rendre à la séance du conseil des ministres, il a laissé entendre que ce ne sera pas la dernière rentrée avec des classes qui ne sont toujours pas pourvues en enseignants.

M. Roberge a accusé le précédent gouvernement libéral d’avoir légué un lourd héritage en matière d’attraction et de rétention de personnel.

«Il y a trois legs du dernier gouvernement qu’on va être obligé de traîner comme un boulet pendant quelques années: la pénurie de personnel, ils n’ont pas attiré et garder les gens qui faisaient le choix de l’enseignement longtemps, et ça va nous prendre un certain temps pour passer à travers; les écoles qui sont vétustes; et carrément la pénurie de locaux aussi.»

Le ministre a admis que cela allait prendre «un certain temps» au gouvernement Legault pour «pouvoir passer au travers».

Il a reconnu qu’il y avait une «inquiétude» dans les écoles et les commissions scolaires en cette rentrée liée à la dotation de personnel dans les classes.

M. Roberge a indiqué que son ministère offrait son assistance pour trouver toutes les solutions, par exemple dans les voies d’accès à la profession et les «tolérances d’enseignement».

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VOILE: QUÉBEC DIT NON AUX PARENTS VOULANT CHANGER LEUR ENFANT DE CLASSE

Le gouvernement Legault dit non aux parents qui voudraient changer leur enfant de classe si l’enseignante porte le voile.

Le premier ministre François Legault et son ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, ont ainsi réagi à une lettre ouverte publiée dans le quotidien Le Devoir mercredi.

Les signataires demandent, si l’enseignant porte un signe religieux, de pouvoir changer leur enfant de classe, au nom du «droit à des institutions et des services publics laïques», tel qu’inscrit dans la Loi sur la laïcité de l’État adoptée en juin.

Ils exigent que le ministère de l’Éducation informe les commissions scolaires sur les droits des parents. «Il n’est pas normal que chaque parent ait à effectuer sa propre démarche, au risque de faire face à des responsables scolaires mal informés», écrivent les signataires, qui réclament une procédure pour garantir aux parents demandeurs des services éducatifs laïques.

«Un simple changement de classe permet de répondre à de telles demandes», expliquent-ils.

En mêlée de presse mercredi après-midi, M. Legault a rappelé que la loi sur la laïcité prévoit un droit acquis pour les enseignants déjà en fonction, mais que les futurs profs, eux, devront s’abstenir de porter des signes religieux. Il y aura donc une période de transition qu’il faut accepter, a tranché le premier ministre.

«Éventuellement, étant donné que tous les nouveaux [enseignants] ne pourront en porter, il y aura un changement, c’est quelque chose qui se fait graduellement, c’est ce qu’on a proposé et les parents doivent accepter cette proposition.»

En mêlée de presse mercredi matin avant de se rendre à la séance du cabinet Legault, le ministre Roberge a également fermé la porte à leur requête.

«Cela n’appartient pas aux parents de choisir ou de magasiner leur enseignant. Ce n’est pas prévu dans la loi sur la laïcité et on n’a pas l’intention d’aller dans cette direction.»