L’arbitre de la Ligue nationale Justin St-Pierre participera au brunch de l’organisme Diabète Saguenay le 17 février prochain, dont il sera le président d’honneur.

Le diabète, un adversaire que Justin St-Pierre ne peut punir

Depuis 35 ans, l’officiel de la Ligue nationale de hockey Justin St-Pierre doit composer avec un adversaire qu’il ne peut envoyer au banc de pénalités ; le diabète de type 1.

L’arbitre de 47 ans, natif d’Albanel, profite de son rôle de président d’honneur du brunch annuel de l’organisme Diabète Saguenay, le 17 février au Delta Saguenay, pour parler pour une première fois publiquement de son quotidien avec la maladie chronique qui touche 880 000 personnes au Québec et environ 20 000 au Saguenay-Lac-Saint-Jean. « Ça fait longtemps que j’en fais, mais je ne l’ai jamais dit. Je n’ai aucune idée pourquoi », indique Justin St-Pierre qui sera présent lors de l’événement se déroulant sous le thème «Mise en échec au diabète». Il a d’ailleurs demandé congé à ses supérieurs pour l’occasion.

« Il n’y a rien de mal à faire du diabète. Ça fait partie de notre vie. Il y a du monde qui font de l’asthme ou autre chose. C’est une maladie, de raconter l’arbitre lors d’une entrevue téléphonique vendredi matin alors qu’il était à Long Island, où il est d’office pour deux rencontres des Islanders au cours de la fin de semaine du Super Bowl.

« Il n’y a rien de honteux. Ça fait 16 ans que j’arbitre dans la Ligue nationale et ça fait 35 ans que j’ai le diabète. Ce n’est pas une maladie comme ça qui peut t’empêcher de faire ta vie et de réussir, fait valoir celui qui travaillera bientôt dans un 1000e match en carrière. Ça ne m’a jamais empêché de faire ma vie, gagner ma vie et faire ce que j’aime. »

Routine

Au fil des années, Justin St-Pierre a développé une routine, particulièrement lors des jours de matchs. Il vérifie notamment sa glycémie entre chaque période pour s’assurer que tout va bien. « La journée des matchs, ça peut aller jusqu’à dix et même 12 fois, annonce-t-il sans hésiter. Pendant les matchs, c’est très rare que j’ai des problèmes. Ce n’est quasiment jamais arrivé. Ça fait presque 30 ans que j’arbitre. Ça devient une habitude. Je connais mon corps aussi et je sais comment il va réagir. »

S’il doit suivre un régime strict en raison de son travail, Justin St-Pierre ne s’empêche toutefois pas de manger quoi que ce soit. « Je dois doublement me surveiller. Mon travail me permet de me tenir en forme. C’est sûr que ça aide, convient-il. Si je mange de quoi que je sais qui va faire monter mon taux de sucre, je me donne plus d’insuline. Il faut que je travaille avec ça.

« Le moment où j’ai le moins de misère, c’est dans ma diète pendant l’été », reprend-il.

« L’hiver, je mange plus de pâtes. Je dois donc me donner plus d’insuline. Ça ne veut pas que dire mon taux de sucre est nécessairement plus haut, mais l’insuline me permet de calibrer tout ce que je mange. L’été, je ne mange pratiquement pas de pâtes et de glucides », explique Justin St-Pierre, ajoutant que le décalage horaire lui cause également des maux de tête et doit donc bien prévoir ses déplacements.