Le président du Collège des médecins du Québec, Mauril Gaudreault

Le Collège des médecins veut se rapprocher des Québécois

Déterminé à se «rapprocher» du public, le Collège des médecins entreprendra cette année une vaste démarche de consultation «pour comprendre comment la population du Québec perçoit le rôle de l’ordre professionnel». Une démarche qui lui permettra par la suite de définir ses orientations et d’ajuster ses actions, explique son président, le Dr Mauril Gaudreault.

Le Dr Gaudreault avait affiché ses couleurs dès son entrée en poste, l’automne dernier. Conscient de l’image négative projetée par le Collège, d’aucun l’accusant de défendre des intérêts «corporatistes» ou de protéger ses membres au détriment du public, le nouveau président de l’ordre professionnel s’était montré déterminé à renverser la vapeur en ouvrant le dialogue avec la population.

En entrevue au Soleil, jeudi, le nouveau président du Collège a aussi dit vouloir entendre les médecins, dont certains sont sortis publiquement au cours des derniers mois pour dénoncer les méthodes d’enquête du syndic, allant jusqu’à qualifier celles-ci d’«intimidation», de «harcèlement» et d’«abus de pouvoir». «On ne peut pas être insensible à ça. C’est sûr que ça nous préoccupe», a dit le Dr Gaudreault. 

La vaste consultation proposée par le Collège se fera notamment au moyen d’un sondage quantitatif et qualitatif auquel pourront répondre les médecins et la population. Des groupes de discussions avec des médecins et des membres du public seront aussi menés. La population pourra également participer à cette consultation en écrivant directement au Collège à l’adresse votreopinion@cmq.org. Des «déplacements» dans quelques régions du Québec sont en outre prévus, précise le Dr Mauril Gaudreault. 

«C’est une démarche d’introspection générale. On veut mieux connaître la perception du public, écouter les gens et réfléchir sur nos façons de faire. Est-ce que le public se sent protégé? Si on est perçu négativement, pourquoi? On veut l’entendre de façon plus large, avec une démarche scientifique, pour qu’on puisse faire des constats dès l’automne et élaborer en 2020 une planification stratégique», la dernière remontant à il y a quatre ans, explique le Dr Gaudreault. 

«Je ne prétends pas qu’on ne fait pas bien, mais on peut faire mieux», analyse le président du Collège.

Volonté de collaboration

Questionné sur la volte-face du Collège des médecins, qui se disait le 18 février toujours opposé à la pose de diagnostics par des IPS, pour finalement accepter quelques jours plus tard qu’elles diagnostiquent les problèmes de santé courants et les six maladies chroniques pour lesquelles elles amorcent déjà des traitements, le Dr Gaudreault a laissé entendre qu’il avait au départ seulement défendu la position «traditionnelle» de l’ordre professionnel. 

«J’ai eu de la misère [à la défendre], surtout que j’avais une bonne idée de ce qui s’en venait au conseil d’administration», a admis le président du Collège, selon qui «il y a une «volonté très nette» au sein du conseil d’administration de l’ordre professionnel d’améliorer la collaboration interdisciplinaire avec les différents professionnels de la santé «dans le respect des compétences de chacun». 

«On est en 2019 […]. La santé, c’est l’affaire de tous les professionnels», pas seulement celle des médecins, résume le Dr Gaudreault.