La réalité virtuelle au cinéma est accessible au Cineplex Scotiabank de Gloucester, à Ottawa.

Le cinéma en réalité virtuelle

Un casque vissé devant les yeux, un siège qui vibre et des images à 360˚. En avant-première nationale, l’expérience de réalité virtuelle sur un fauteuil articulé D-Box est désormais accessible au Cineplex Scotiabank de Gloucester, à Ottawa. Ce projet pilote testé dans la région pourrait bien révolutionner la façon de voir des films au cinéma.

10 sièges équipés de casques attendent les spectateurs dans la salle d’arcade du cinéma. Pour 12 $, taxes incluses, un autre monde s’offre à vous avec cette impression d’être devenu acteur du film, à l’issue d’une séance d’initiation organisée pour la presse.  

Le premier film disponible ne dure que 12 minutes, mais l’expérience immersive vaut amplement le détour. Le récit d’un frère et d’une sœur à la poursuite d’un chien, dans un monde peuplé de dinosaures et de chutes d’eau, offre surtout l’occasion d’exposer les possibilités que permet cette nouvelle technologie. 

Avec l’aide d’un facilitateur, il suffit d’ajuster un casque qui isole complètement de l’univers alentour. Le film d’animation Raising Rukus (en anglais uniquement) nous plonge dans une course-poursuite dans les airs et sur l’eau. Entraîné dans une cascade, on se retient pour ne pas pousser de cris. L’image est nette et se déploie quand on tourne la tête. Les secousses du siège accompagnent les obstacles de l’expédition, aucun échappatoire ne semble possible. Le voyage visuel a pourtant été conçu pour petits et grands, assure le vice-président à l’exploitation de Cineplex Daniel Séguin.  

« Le projet pilote est lancé au Cineplex de Gloucester car ce cinéma est très fréquenté, explique-t-il, il attire des familles et reste proche de Montréal ce qui nous permet de suivre plus facilement l’évolution du projet. »

La réalité virtuelle sera-t-elle la grande innovation de cette nouvelle décennie ? Ou un nouveau gadget qui disparaîtra supplanté par un autre ?

« Pour l’heure, notre stratégie consiste à développer une expérience complémentaire pour le spectateur », précise le vice-président de D-Box Technologies, Yannick Gemme. Il n’est pas prévu que l’offre en réalité virtuelle bénéficie de sa propre salle. Dans un premier temps, elle sera intégrée aux jeux d’arcades afin de lui assurer une meilleure visibilité. Les billets seront vendus en fonction de la disponibilité des sièges, aux heures d’ouverture du cinéma, sans contrainte d’heure de séance.  

« Nous misons sur la curiosité des spectateurs, la plupart des gens n’ont jamais essayé la réalité virtuelle. Si le projet est concluant, nous exporterons le produit dans d’autres cinémas, » espère M. Séguin.

C’est la première fois dans les cinémas au Canada que la réalité virtuelle est couplée à la technologie des sièges D-Box. L’effet produit un divertissement immersif hyperréaliste impressionnant. L’offre de films devrait également s’enrichir de nouveautés, notamment en cinéma d’horreur. La séance ne fait que commencer.