En orbite autour de la Terre à bord de la Station spationale internationale, David Saint-Jacques a échangé avec les jeunes réunis à Québec à l’occasion du premier festival de robotique FIRST, vendredi.

L’astronaute David Saint-Jacques fait rêver les jeunes du festival FIRST [VIDÉO]

Les 1750 jeunes des quatre coins du monde qui participent au premier festival de robotique FIRST à Québec ont eu droit jeudi à un interlocuteur un peu spécial alors que l’astronaute David Saint-Jacques, lui-même natif de la capitale, s’est entretenu avec eux en direct de la Station spatiale internationale.

Saint-Jacques n’a peut-être pas le talent musical d’un Chris Hadfield, mais celui qui est ingénieur, médecin et astrophysicien a plusieurs cordes à son arc pour captiver son auditoire, même à 370 km de la terre alors qu’il circule à 28 000 km/h autour de la planète bleue. Pour répondre à la question d’une participante qui s’intéressait à la télémédecine, l’astronaute a expliqué qu’il avait avec lui un laboratoire miniature qui permet aux astronautes de se faire des prises de sang eux-mêmes. «Une technologie qui pourrait être fort utile dans les régions éloignées», a fait remarquer celui qui a déjà pratiqué la médecine au Nunavik. «De même, nous portons des t-shirts qui permettent d’indiquer nos signes vitaux sans fils encombrants», a-t-il ajouté.

Tempêtes solaires

Il a également avoué que les astronautes de la station spatiale n’avaient pas grand-chose pour se protéger des tempêtes solaires. «Nous avons nos chambres à coucher, qui sont l’équivalent d’une cabine téléphonique. Les murs nous protègent des radiations solaires, mais ça reste un problème. Heureusement, on est quand même protégés par le champ magnétique de la Terre parce qu’on n’est pas très loin. Il faudra cependant penser à d’autres options si on veut retourner un jour sur la lune ou aller sur Mars», poursuit-il.

D’ailleurs, Saint-Jacques a déclaré aux jeunes présents qu’il croyait que les premiers astronautes qui visiteraient la planète rouge étaient déjà nés. «Je crois que l’on ira sur Mars, c’est dans l’esprit de l’humanité de toujours explorer plus loin. Chaque fois, notre perspective augmente et on comprend mieux. Ce qui fait avancer l’humanité, c’est la science, les arts et l’exploration. Là, je ne crois pas que ce soit encore assez sécuritaire pour aller sur Mars, mais je crois que les astronautes qui iront sont déjà nés : ce sont aujourd’hui des enfants et des adolescents. Moi, je ne crois pas que j’irai, car je suis trop vieux!» a ajouté l’astronaute de 49 ans.

Métier dangereux

Saint-Jacques n’a d’ailleurs pas cherché à faire de cachotterie : le métier d’astronaute est bel et bien dangereux. «Mais ce n’est pas le seul métier dangereux. Dans la vie, on fait à tous les jours des choses dangereuses, mais qui le deviennent beaucoup moins quand on les maîtrise. J’ai une entière confiance en mon entraînement et en l’équipe au sol», a-t-il confié.

Le fait qu’un séjour dans l’espace ne soit «pas vraiment bon pour la santé», dixit David Saint-Jacques, a cependant certains avantages. «C’est essentiel dans le domaine médical et biomédical. L’espace nous fait vieillir plus vite, alors on peut en apprendre plus sur certains processus du corps humain», poursuit-il.

Sur une note plus légère, l’astronaute qui a obtenu son doctorat en médecine à l’Université Laval a avoué que lui et ses collègues ne consommaient pas que de la nourriture déshydratée. «Un vaisseau spatial russe nous amène parfois de la nourriture fraîche. Ainsi, j’ai pu manger récemment une pomme et un pamplemousse», poursuit-il, ajoutant qu’il a aussi pu faire déshydrater son plat préféré concocté par son épouse Véronique pour l’amener dans l’espace et le partager avec ses collègues. Cependant, pas de gâteau pour celui qui a célébré son anniversaire dans l’espace le 6 janvier. «Moi et mes collègues avons décoré des biscuits. On y a mis des chandelles, mais on ne pouvait pas les allumer. Impossible de faire un gâteau puisqu’on n’a pas de four pour le faire cuire!» a-t-il expliqué avant de saluer son jeune public et de «s’envoler» en apesanteur vers une autre section de la station spatiale.