Le président de l'AFPC, Chris Aylward, a déclaré que le syndicat n'accepterait pas «un règlement qui ne compenserait pas de manière adéquate le terrible fardeau que Phénix a eu sur la vie des travailleurs et celle de leurs familles».

L'AFPC se prépare à une éventuelle grève postélectorale

OTTAWA — Le plus grand syndicat du secteur public au pays dit se préparer à une éventuelle grève postélectorale, accusant le gouvernement de tourner le dos aux négociations d'une convention collective touchant plus de 70 000 fonctionnaires fédéraux.

L'Alliance de la fonction publique du Canada était revenue à la table des négociations le 1er septembre et semblait confiante, jusqu'à vendredi, de pouvoir conclure une entente de principe concernant près de la moitié de ses 140 000 membres.

Malgré six jours de pourparlers consécutifs, les négociateurs du Conseil du Trésor n'ont pas réussi à présenter une offre salariale adéquate, pas plus que l'indemnité réclamée pour les employés fédéraux touchés par les ratés du système de paie Phénix, soutient l'AFPC.

Avec le déclenchement imminent des élections fédérales, il y a peu de chance que les négociations reprennent avant le scrutin du 21 octobre, souligne-t-on.

Bien que le dialogue pourrait reprendre par la suite, le syndicat a annoncé qu'il entamerait des préparatifs en vue d'une éventuelle grève, qui ne se matérialiserait toutefois pas avant la nouvelle année.

L'AFPC a été le seul syndicat à rejeter plus tôt cette année l'offre gouvernementale en matière d'augmentation salariale et de dédommagement pour le stress occasionné par les ratés de Phénix.

Plusieurs autres syndicats ont accepté la compensation générale de 1,25 jour de congé payé par an, pendant quatre ans, pour les employés fédéraux ayant connu des problèmes de rémunération depuis le lancement du système informatisé de paie en 2016. Certains ont été sous-payés ou surpayés, mais d'autres se sont même retrouvés sans la moindre rémunération.

Parmi ceux-ci figurent l'Institut professionnel de la fonction publique du Canada, l'Association canadienne des agents financiers et l'Association canadienne des employés professionnels.

Le président de l'AFPC, Chris Aylward, avait toutefois dénoncé une «maigre» proposition, et déclaré que le syndicat n'accepterait pas «un règlement qui ne compenserait pas de manière adéquate le terrible fardeau que Phénix a eu sur la vie des travailleurs et celle de leurs familles».

Sur le plan de l'offre salariale, le syndicat accuse le gouvernement de ne même pas offrir des augmentations équivalentes à celles négociées avec d'autres syndicats.

Le Conseil du Trésor rejette ces affirmations.

«Nous avons déposé sur la table une offre qui était conforme avec de récentes ententes conclues auprès d'autres agents de négociation et nous avons pris en considération la demande l'AFPC de reprendre les pourparlers. L'AFPC a choisi de refuser cette offre», a déclaré le ministère par courriel.