Même si elle participe au mouvement La Tasse, Maïna Jetté, propriétaire du Tassé, analyse que les ventes de tasses réutilisables de son commerce sont en hausse.

La Tasse bleue est de retour en force

La Tasse est de retour en force à Sherbrooke. Après que les commerces aient manqué d’unités à offrir à leurs clients, de nouvelles tasses consignées sont maintenant disponibles dans la région.

Exactement quatre mois après son arrivée dans les Cantons-de-l’Est, La Tasse est de plus en plus populaire. « Les gens nous posent des questions. Ils ont appris à l’amener, mais aussi à la retourner. C’est une partie qui est importante et sur laquelle on n’a pas assez insisté au départ. Des gens ont eu l’impression qu’ils achetaient une tasse réutilisable. Il faut comprendre que c’est un principe de consigne. Il faut la ramener et en prendre une nouvelle idéalement chaque fois pour amener une rotation intéressante et une usure plus stable », considère la propriétaire du Tassé, café de quartier, Maïna Jetté.

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« Il faut aussi avoir sa propre tasse, enchaîne-t-elle. La Tasse est censée être un dépannage, une solution de rechange. C’est pour ça qu’on est tombé en rupture de stock, car c’est sûr que c’est intéressant une tasse réutilisable à cinq dollars. Mais la tasse appartient au réseau, c’est comme une location. »

« Pour les premières Tasses, c’est normal, explique quant à elle la coordonnatrice de la Vague, l’organisme qui s’occupe de La Tasse, Aurore Courtieux-Boinot. On avait fait les études avec l’aide de Recyc-Québec dans les premiers mois du projet. On a constaté qu’au moins la moitié de notre public ne possédait pas de gobelet réutilisable, donc ils gardent la première. C’est bien correct! Le but est de remplacer le gobelet jetable. Les personnes qui n’en possédaient pas gardent la première et en utilisent une autre en consigne s’ils l’oublient. Les personnes qui ont un gobelet réutilisable utilisent 0,8 Tasse, tandis que les autres en utilisent 1,2. C’est un peu pour ça qu’elles ne revenaient pas au début », explique-t-elle.

Tasses réutilisables

D’ailleurs, les ventes de tasses réutilisables au Tassé sont en hausse selon la propriétaire du café. « Là, on voit que la vente de nos tasses réutilisables commence à augmenter aussi. Le concept fait finalement ses preuves », analyse Mme Jetté, qui est propriétaire du commerce depuis octobre 2018.

Même si son café offre plusieurs options, Maïna Jetté avoue qu’elle vend encore beaucoup de gobelets compostables à usage unique. « La prochaine étape pour nous, à l’instar de bien de cafés dans la région de Montréal, c’est qu’on va commencer à charger pour le gobelet. C’est compostable, mais ça reste quand même un déchet à traiter. L’idéal est de tendre vers le zéro déchet. On n’a pas de date fixée, mais ce serait la prochaine étape pour inciter les gens à aller vers le réutilisable et utiliser la Tasse. C’est fait pour ça, ça me fait plaisir de la laver », précise Mme Jetté.

De plus en plus populaire

Il faut dire que depuis le lancement de La Tasse, la popularité du mouvement ne fait que s’accroître. « Depuis la campagne de sociofinancement, nous avons environ cinq nouveaux commerces qui rejoignent le mouvement toutes les semaines. Nous sommes dans plus de 280 commerces à l’échelle du Québec. Ça continue », dit Mme Courtieux-Boinot, réjouie.

De plus, d’autres provinces et pays sont intéressés par le concept de La Tasse. « Il y avait déjà quelque chose de similaire en Allemagne, mais leur produit est qualitatif. Plusieurs projets sont déjà en démarrage. On a aidé un organisme de Colombie-Britannique. On discute et leur donne l’information qu’on peut. On n’a pas l’ambition d’avoir La Tasse à New York ou même en Ontario, car lorsque ça vient des communautés, ça fonctionne mieux », indique Aurore Courtieux-Boinot, indiquant que des actions semblables démarrent en Californie, à Toronto, en Hongrie, en France et au Mexique entre autres.

Actuellement au Québec, quelque 35 000 Tasses sont en circulation. À Sherbrooke, 13 commerçants ou institutions participent au mouvement.

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La Tasse prend le chemin de l’Université de Sherbrooke.

L’UdeS entre dans la danse

L’Université de Sherbrooke entre dans la vague de La Tasse. L’institution a acheté 800 tasses qui circuleront dans les différents points de service du traiteur Café Caus et de la coop. Selon la conseillère en gestion environnementale de l’UdeS Judith Beaudoin, 96 000 gobelets jetables seront détournés des sites d’enfouissement grâce à cette acquisition.

Des Tasses sont disponibles dans toutes les cafétérias facultaires ainsi qu’à la cafétéria centrale, de même qu’au 3IT et à la Faculté de médecine. Des discussions ont été entamées au pavillon de Longueuil, mais ce n’est pas encore chose faite, puisque leur réalité est différente. 

« Personnellement, mon but serait d’éliminer les gobelets à usage unique », avoue Mme Beaudoin. 

Judith Beaudoin salue la participation de la coop de l’UdeS ainsi que du Café Caus. « Pour eux, c’est 1000 fois plus facile de gérer des gobelets jetables. Cependant, ce sont deux femmes à la tête de ces organisations qui y croient énormément. Elles avaient une petite crainte à savoir qu’elles allaient vendre moins de tasses, mais il y a une sensibilisation. Une fois là, la Tasse ne remplace pas la tasse de voyage préférée, mais elle la remplace quand elle est sale dans le fond de la voiture », explique-t-elle, ajoutant que le projet sera testé pour deux ans et les différentes parties vont se rassoir pour en discuter après le projet. 

« À date ça fonctionne bien, mais on a débuté ça durant la relâche, témoigne pour sa part la directrice des opérations du secteur alimentaire, Manon Chamberland. On a fait un autre lancement avec les gens de l’environnement et du développement durable. On a de gros lave-vaisselles dans la cafétéria. Quand les cafétérias ont une dizaine de sales, ils les renvoient et j’en retourne des propres. »

La coordinatrice de la Vague, l’organisme qui s’occupe de La Tasse, Aurore Courtieux-Boinot, considère que la participation de l’UdeS est « formidable ». « On a une affiliation particulière de cœur, car les trois personnes qui travaillent sur le projet viennent de l’Université de Sherbrooke, partage-t-elle. On a un lien très direct avec eux. Ça nous fait très plaisir. C’est une université tellement avant-gardiste sur le plan environnemental que ça a beaucoup de sens qu’ils fassent partie des premiers à embarquer. » Tommy Brochu