La romancière américaine Ursula K. Le Guin au National Book Awards à New York, le 19 novembre 2014

La romancière de science-fiction Ursula K. Le Guin s'éteint

NEW YORK — La romancière américaine Ursula K. Le Guin, considérée comme l'un des plus importants auteurs de science-fiction, est décédée lundi à 88 ans, a annoncé mardi sa famille via son compte officiel sur Twitter.

Écrivaine prolifique, elle a publié des recueils de nouvelles, de poésie ainsi que plusieurs livres pour enfants mais ce sont ses ouvrages de fantasy qui lui ont valu sa renommée et la vente de millions d'exemplaires de ses écrits.

L'écrivain américain Stephen King a salué sur Twitter une auteure «parmi les grands». Pour lui, Ursula K. Le Guin n'était «pas seulement une écrivaine de science-fiction» mais «une icône de la littérature».

Née à Berkeley (Californie) le 21 octobre 1929, elle s'est très tôt intéressée à la science-fiction avant de délaisser le genre à l'adolescence, estimant qu'il était trop masculin et stéréotypé.

Elle y reviendra au milieu des années 60 et publiera La main gauche de la nuit, devenu un classique de la science-fiction qui lui a ouvert la porte du succès.

En tout, elle a écrit 20 romans qui explorent la nature humaine en plaçant l'homme dans des situations et des univers différents.

Toute sa vie, elle s'est battue pour que la science-fiction ne soit pas considérée comme un genre mineur. Ces dernières années, elle a plusieurs fois été mentionnée parmi les possibles lauréats au prix Nobel de littérature.

Elle aura aussi marqué par son engagement, très marqué à gauche.

En février 2017, dans une lettre au quotidien The Oregonian, elle s'en prenait à la comparaison entre les «faits alternatifs», terme utilisé par la conseillère de Donald Trump, Kellyanne Conway, et la science-fiction.

«Nous, auteurs de fiction, inventons des choses», écrivait-elle. «Nous pouvons appeler cela une histoire alternative ou un univers alternatif, mais nous ne prétendons pas que nos histoires sont des "faits alternatifs".»

«Le test ultime pour un fait est qu'il n'a pas d'alternative», avait-elle ajouté.