Stéphane Houle

La prison pour cruauté envers les animaux

Pour avoir négligé deux chiens et un chat sur plus de cinq mois, Stéphane Houle de Coaticook purgera quatre mois de prison.

Houle, qui a été reconnu coupable d’avoir fait souffrir inutilement deux chiens et un chat et pour « avoir volontairement négligé ou omis de fournir les aliments, l’eau, l’abri et les soins convenables ou suffisants » à ces animaux entre novembre 2016 et avril 2017, a été incarcéré, vendredi.

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« Ici, d’une part, les gestes sont posés à long terme et les animaux n’ont aucune autre alternative. Ils n’ont aucune autre façon de se nourrir et ne peuvent se sauver. Le comportement de l’accusé me semble dénoter sinon une cruauté certaine, à tout le moins une grande indifférence à la souffrance d’êtres vivants dans son entourage et sa supervision », signale le juge Serge Champoux de la Cour du Québec dans sa décision rendue au palais de justice de Sherbrooke par visioconférence.

L’air abasourdi, Houle a pris son sac réutilisable d’effets personnels avant d’être conduit dans le box des détenus au palais de justice de Sherbrooke.

Les trois animaux, deux chiens et un chat appartenant à Houle, ont été saisis et confiés à des vétérinaires à la suite de la perquisition effectuée chez lui sur la rue Child en avril 2017.

La fille de Houle a demandé l’aide d’un ami afin de sortir le chien du logement de la rue Child à Coaticook le 22 avril 2017.


« La saleté et le fouillis du logis de l’accusé ne découlaient pas d’un geste isolé ni d’un déficit alimentaire de quelques semaine. »
Juge Serge Champoux

Des vétérinaires ont décrit au procès des blessures, des déformations et un état de maigreur extrême des animaux.

« La saleté et le fouillis du logis de l’accusé ne découlaient pas d’un geste isolé ni d’un déficit alimentaire de quelques semaines ni d’une maladie ni d’un parasite qu’aurait eu l’un quelconque des animaux. Cet état, cette condition, ces blessures et ces déformations découlaient d’un mauvais traitement survenu sur plusieurs semaines, voire plusieurs mois, plus particulièrement pour le chien Ozzy, gardé dans un espace trop petit, malpropre et inadéquat pour lui », décrit le juge dans sa décision.

En mai dernier, au moment de déclarer Houle coupable, le juge a précisé qu’il n’a pas cru la version de l’accusé. 

Houle prétendait lors de son procès avoir bien traité ses animaux lors de la période des infractions reprochées.

Le juge a réitéré que Stéphane Houle n’avait pas une grande crédibilité. «Stéphane Houle qui m’apparaît bien à l’aise avec la reformulation des faits à son avantage. Il m’apparaît bien peu crédible et se pose en victime relativement à tout ce qui lui arrive », signale le juge Champoux.

Une probation de deux ans a été imposée à Stéphane Houle.

La procureure aux poursuites criminelles Me Émilie Baril-Côté se réjouit de la décision du juge Champoux.

« C’est l’une des peines les plus importantes imposées en matière de cruauté envers les animaux dans le district judiciaire de Saint-François », signale Me Baril-Côté.

C’est Me Christian Raymond qui assurait la défense de Stéphane Houle.