La Meute et Les Soldats d’Odin se sont fait remarquer mercredi lors d’un colloque sur l’extrême droite présenté par le Centre d’expertise et de formation sur les intégrismes religieux et la radicalisation.

La présence de La Meute dénoncée sur le campus d’Édouard-Montpetit

L’Association générale des étudiants du Cégep Édouard-Montpetit a dénoncé la présence de membres des groupuscules d’extrême droite La Meute et Les Soldats d’Odin sur son campus mercredi à l’occasion d’un colloque sur l’extrême droite présenté par le Centre d’expertise et de formation sur les intégrismes religieux et la radicalisation.

Des membres de l’exécutif de l’Association  se plaignent également que la direction de l’établissement aurait tenté de les museler après qu’ils aient dénoncé la présence de militants arborant leurs couleurs dans la cafétéria du collège.  «La sécurité du Cégep a été contactée pour demander l’expulsion du groupe raciste, ce à quoi la sécurité n’a pas donné suite. L’administration nous a avertis de faire profil bas et de ne pas intervenir auprès de La Meute», écrit Félix Lefrançois-Sabourin, porte-parole de l’association étudiante, dans un communiqué de presse.

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M. Lefrançois-Sabourin indique que la présence de La Meute sur le campus, lors d’un colloque sur l’extrême droite qui était gratuit et ouvert à tous, avait ébranlé le corps étudiant et que certains membres se seraient sentis menacés par les actions de La Meute. «Le groupe aurait notamment poussé des étudiants alors assis aux tables de la cafétéria», poursuit le porte-parole. L’Association dit également n’avoir appris qu’en fin de journée que la chef des Soldats d’Odin, Katy Latulippe, était également présente, qualifiant cette organisation née en Finlande de «groupe s’entraînant au maniement des armes». 

«Rappelons tout d’abord que l’assemblée générale de l’Association s’est fortement positionnée contre le racisme et toutes les autres formes de discrimination. Dans cette optique, l’association ne peut tolérer la présence de groupes fascistes sur le campus. Ces groupes tiennent des propos racistes devant nos membres et empêchent la conservation d’un climat propice aux études», poursuit-il. 

Le porte-parole de l’Association ajoute également que des étuis à couteau auraient été aperçus à la ceinture de certains membres influents de La Meute, mettant la sécurité de la masse étudiante en danger et bafouant le code de conduite qui interdit la possession, le port, l’entreposage et l’utilisation d’armes ou d’imitations d’armes sur les lieux du cégep. Il prétend aussi que La Meute aurait fait de la sollicitation illégale sur le territoire du campus, ce qui aurait rendu nerveux les membres de l’Association.

Une autre porte-parole de l’Association, Alexanne Léveillé, a confirmé au Soleil vendredi que l’Association étudiante avait rencontré la direction de l’établissement et poursuivait avec elle les discussions concernant les suites à donner aux événements.

Lors du colloque de mercredi, des membres de La Meute et des Soldats d’Odin ont dénoncé fortement le fait que les experts les associent à l’extrême droite en chahutant la conférence du directeur du Centre, Martin Geoffroy. Celui-ci avait dit s’être senti intimidé et avait parlé de «démonstration de force». Deux arrestations ont également eu lieu en marge du colloque dans un restaurant situé à proximité du cégep quand les esprits se sont échauffés entre des militants antiracistes et des membres de la Meute et des Soldats d’Odin. Un homme dans la trentaine a été arrêté pour voies de fait avec une arme blanche et bris de ses conditions de remise en liberté alors qu’une femme, également dans la trentaine, a été appréhendée pour avoir proféré des menaces envers cet homme. Ils ont tous les deux été libérés et comparaîtront par voie de sommation alors qu’un troisième individu a aussi été arrêté et pourrait également faire l’objet d’accusations.