Gisèle Poitras-Dallaire, au palais de justice de Québec, le 8 janvier

La grand-mère cambrioleuse d'une résidence pour aînés de Lévis risque la prison

La grand-mère qui a cambriolé les logements de ses voisines de résidence mérite deux ans de détention, estime la Couronne. La défense croit que la prison de fin de semaine serait une punition appropriée, en plus d’un remboursement des victimes.

Gisèle Poitras-Dallaire, 70 ans, a été déclarée coupable par un jury de 14 des 16 accusations d’introduction par effraction et de vol, commis ou tentés à la résidence Le Mieux-Vivre de Lévis. 

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Les jurés ont retenu de la preuve que, pendant un an, la résidante, connue comme un véritable «ange gardien» toujours prêt à aider, a pu entrer dans les logements de ses voisines, en leur absence. Elle a dérobé de l’argent et des bijoux pour une valeur d’environ 1800 $.

Durant un an, les résidants de la coopérative, qui compte 89 logements pour aînés, ont vécu dans un climat de méfiance et d’anxiété, ont expliqué plusieurs témoins au procès.

La procureure de la Couronne Me Caroline Munger réclame que la voleuse purge une peine de détention ferme de deux ans, suivie d’une probation de trois ans. Notamment en raison de ses antécédents judiciaires.

En 2013 et 2016, Gisèle Poitras-Dallaire a été déclarée coupable de fraude et vol de moins de 5000 $. Elle avait obtenu une sentence suspendue et était en probation durant les cambriolages à la résidence de Lévis.

La septuagénaire s’est servie de son implication dans la résidence pour obtenir des clefs et commettre ses crimes, a plaidé Me Munger. Et elle a tout prémédité, ajoute la procureure. Avant d’agir, elle vérifiait si les résidants étaient bien dans la salle à manger. «Ce n’est pas un égarement passager de madame, insiste Me Munger. C’est tout sauf ça.»

Une douzaine de personnes âgées, parfois vulnérables, ont vu leur intimité violée, rappelle la procureure de la Couronne. Certains ont eu l’impression d’être trahis par leur amie et ont maintenant du mal à faire confiance. Sans compter ceux qui ont perdu des souvenirs, comme ce locataire à qui on a dérobé la bague de sa défunte épouse.

Aidante naturelle

L’avocat de Gisèle Poitras-­Dallaire, Me Sébastien St-Laurent, rappelle que sa cliente n’avait jamais eu de démêlés avec la justice avant de prendre un médicament (Mirapex) contre le Parkinson et de développer des problèmes de jeu et d’achats compulsifs. 

Depuis, elle a fait une thérapie, souligne l’avocat. Et elle ne représente pas un danger pour personne, croit Me St-Laurent.

Mme Poitras-Dallaire doit, sur une base quotidienne, aider son mari, souffrant de problèmes de santé depuis un cancer du rein. Une peine de prison discontinue lui permettrait de continuer à jouer ce rôle d’aidante naturelle, dit la défense. La cour pourrait aussi émettre une ordonnance pour que la septuagénaire rembourse les victimes et placer la dame en probation avec un suivi.

Le juge Raymond W. Pronovost de la Cour supérieure rendra sa décision à la fin de février.