Le directeur du Service de police de Granby, Bruno Grondin (au centre), a présenté le bilan annuel du corps policier en présence des inspecteurs en chef, Denis Gagnon et Benoit Desautels.

La criminalité en baisse à Granby

Les crimes contre la personne et contre la propriété ainsi que les collisions routières ont tous été à la baisse en 2018, selon le rapport annuel du Service de police de Granby présenté jeudi matin. Le taux de solution des crimes a quant à lui grimpé à 68 %, du jamais vu depuis au moins 30 ans.

« C’est un excellent bilan. On est très fiers. Je peux dire à la population qu’on est une ville sécuritaire », a mentionné Bruno Grondin, directeur du Service de police de Granby, qui a d’emblée affirmé que ce bilan est celui « d’une équipe » composée de 150 policiers et employés civils. 

Les agents ont dénombré pas moins de 2630 crimes en 2018 comparativement à 2680 l’année précédente, ce qui représente une diminution d’un peu moins de 2 %, selon le rapport dévoilé par le directeur Bruno Grondin lors d’un point de presse. 

« Même si on parle de 2 %, c’est excellent », dit-il en soulignant que le nombre de crimes commis a diminué de 15 % depuis 10 ans, passant de 3097 en 2008 à 2630 l’année dernière. 

Les crimes contre la personne — c’est-à-dire les homicides, les tentatives de meurtre, les voies de fait, les vols qualifiés, les menaces et les crimes à caractère sexuel — ont diminué de 5,77 %. Ils sont passés de 503 en 2017 à 474 l’année dernière.

Au chapitre des crimes contre la propriété, une diminution de 3,5 % a été enregistrée. Les policiers en ont dénombré 1134 en 2017 comparativement à 1094 en 2018. Les introductions par effraction sont passées de 236 en 2017 à 198 en 2018, une diminution de 16 %. Les vols à l’étalage ont également fondu, passant de 205 en 2017 à 134 l’année dernière, une baisse de 34 %. 

Une hausse de près de 33 % des fraudes a toutefois été observée. Les policiers ont traité 207 dossiers en 2018, soit 51 de plus que l’année précédente. Plusieurs de ces crimes ont été commis sur le web. « C’est constamment en raffinement », observe Denis Gagnon, inspecteur en chef de la division des enquêtes criminelles. 

Taux de solution

Quelque 127 crimes reliés aux stupéfiants ont été répertoriés en 2018, soit 15 de moins qu’en 2017. À la suite de la légalisation du cannabis, Granby est l’une des villes qui ont été choisies pour accueillir une escouade Accès Cannabis. Son mandat est la lutte contre la vente illégale et surtout, l’accessibilité du cannabis chez les jeunes. 

Dix perquisitions ont été réalisées entre octobre et décembre 2018, et neuf contraventions ont été délivrées à des jeunes en possession de cannabis. Devant ces résultats, le mandat de l’escouade, dont les activités devaient cesser le 31 mars, est prolongé d’un an. 

Le taux de solution des crimes a par ailleurs grimpé à 68 % en 2018 comparativement à 63 % l’année précédente. « Un taux supérieur à 50 %, c’est très rare. C’est très appréciable, note Denis Gagnon. En 34 ans de service, je n’ai jamais vu ça ! »

Les actions déployées pour réduire les collisions routières, notamment aux intersections, portent aussi leur fruit. Les policiers sont intervenus sur les lieux de 728 accidents en 2018 comparativement à 793 en 2017, ce qui représente une diminution de 8,2 %. Le réseau routier de Granby a toutefois été le théâtre de trois collisions mortelles, une de moins que l’année précédente. 

Capacités affaiblies

Les policiers ont également arrêté 79 conducteurs qui avaient les capacités affaiblies, dont trois par la drogue, en 2018. L’année précédente, 91 automobilistes avaient été arrêtés, ce qui signifie une diminution de 13 %. Difficile pour le corps policier d’expliquer cette baisse. 

« Est-ce qu’on en a arrêté moins ou est-ce que les campagnes de prévention ont un effet et les automobilistes sont moins nombreux à conduire avec les capacités affaiblies ? », se questionne Benoit Desautels, l’inspecteur en chef de la division du soutien opérationnel. 

L’année 2018 a été occupée pour le corps policier. Pas moins de 65 000 appels ont été logés à la centrale 911, ce qui a nécessité plus de 17 000 déplacements policiers, une légère hausse par rapport à 2017.

Le directeur du Service de police de Granby, Bruno Grondin, souhaite que son service en soit un de proximité. C’est dans cette optique qu’il a présenté le bilan annuel de son organisation dans une résidence pour aînés.

PRIORITÉS 2019: PLUS D'OUTILS POUR LES INTERVENTIONS EN SANTÉ MENTALE

La hausse importante des interventions auprès des personnes souffrant d’un trouble de santé mentale préoccupe le Service de police de Granby, qui en a fait sa priorité pour 2019 en formant ses policiers afin qu’ils soient mieux outillés. 

Les policiers sont intervenus auprès de 470 personnes qui souffraient de détresse psychologique, qui étaient en crise ou suicidaires en 2018, ce qui représente plus d’un appel par jour. En 2017, 434 interventions de cette nature avaient été réalisées. Au cours des cinq dernières années, une hausse de 25 % a été constatée. 

La situation, aussi observée à l’échelle provinciale, est préoccupante, affirme Bruno Grondin, directeur du Service de police de Granby, qui a décidé d’en faire une priorité pour le service qu’il dirige en 2019. 

Les policiers de Granby sont d’ailleurs parmi les premiers au Québec à avoir suivi une formation théorique en janvier. Une autre formation, pratique cette fois-ci, leur sera dispensée à compter de lundi. Ils apprendront entre autres à mieux communiquer avec une personne en détresse et à déceler la problématique vécue. 

Sonder la population

Depuis son entrée en poste, le directeur Grondin répète qu’il souhaite que le service de police en soit un de proximité. C’est pour cette raison que le bilan annuel du corps policier a été présenté jeudi devant près d’une centaine de personnes âgées qui habitent à la Résidence St-Jacques. 

« On trouvait important de rencontrer les citoyens. Vous êtes des doyens et vous avez vu évoluer le service de police », a fait valoir M. Grondin, qui a même cassé la croûte avec eux.

Toujours dans l’optique d’être plus près de la population, le service de police mènera un sondage auprès d’elle — un tel exercice avait été réalisé en 2007 — pour mieux connaître ses préoccupations et son niveau de satisfaction à l’égard du corps policier. Le sondage téléphonique, qui sera aussi disponible en ligne, sera prêt avant l’été. Les résultats seront analysés et un plan d’action sera ensuite élaboré.

Un autre sondage destiné au personnel du corps policier pour connaître leurs préoccupations sera également réalisé.