Le Français Benjamin Cavet (2e), le Canadien Mikael Kingsbury (1er) et le Suédois Walter Wallberg (3e) ont grimpé sur le podium, vendredi, à l’issue de la grande finale de ski acrobatique de Ruka Kuusamo, au cœur du pays des rennes. Un joli spécimen s’est d’ailleurs invité dans la photo.

Kingsbury signe une 50e victoire en Coupe du monde

MONTRÉAL — Le bosseur Mikaël Kingsbury raffole de la piste des bosses à Ruka, en Finlande. Et il l’a de nouveau prouvé, vendredi, en amorçant sa nouvelle saison en signant sa 50e victoire en carrière au circuit de la Coupe du monde de ski acrobatique.

Kingsbury, âgé de 26 ans, s’est montré impérial en super finale, totalisant 88,14 points. L’athlète de Deux-Montagnes a aisément devancé le Français Benjamin Cavet (86,45) et le Suédois Walter Wallberg (82,38). Laurent Dumais, de Québec, s’est classé 11e.

«Chaque saison, on dirait que le calendrier est bâti pour me favoriser. Vous savez, Ruka, c’est un endroit où je domine autant que Nadal à Roland-Garros», a imagé Kingsbury au bout du fil. «Je viens de signer ma septième victoire en neuf courses à Ruka.»

Le Québécois affectionne particulièrement le site, d’autant plus il y a obtenu son premier podium en carrière et qu’il y a battu la prestigieuse marque de 28 victoires appartenant au Français Edgar Grospiron, le 12 décembre 2015.

«C’est un plateau particulier, parce que c’est un chiffre rond, c’est la moitié de 100. Que j’aie pu accomplir cet exploit en seulement 91 départs, c’est incroyable. En fait, on dirait que j’ai un don pour performer ici, à Ruka. J’adore l’endroit, j’adore le parcours, et c’est l’une des raisons pour lesquelles je commence toujours bien la saison. Ça donne le ton. Cinquante victoires en moins de 100 départs, c’est assez incroyable!»

Interrogé à savoir s’il avait imaginé pouvoir atteindre ce plateau aussi rapidement, Kingsbury a indiqué qu’il avait tout fait en ce sens. «C’est sûr que ma petite séquence de 13 victoires m’a aidé l’an dernier», a convenu le «King» des bosses.

«Les dernières années ont été simplement incroyables. J’ai accompli tous mes objectifs : l’or aux JO, mes performances en Coupe du monde. Je sais que je vieillis, que j’ai plus de chances de blessures, mais je me suis entraîné encore plus fort cet été et je suis content de voir que ça porte ses fruits.»

Chez les dames, la victoire est allée à la Française Perrine Laffont, tandis que la Montréalaise Justine Dufour-Lapointe a dû se contenter du sixième rang.
objectif Thaiwoo

Kingsbury et ses coéquipiers de l’équipe canadienne se dirigeront maintenant vers Thaiwoo, en Chine, où aura lieu la prochaine escale de la Coupe du monde, le week-end prochain. Le médaillé d’or olympique a confié qu’il avait déjà hâte de se retrouver sur la piste chinoise, où il a signé six victoires en autant d’épreuves en carrière.

«En Chine, la piste me convient parfaitement. C’est là que j’ai signé ma première victoire en carrière, en décembre 2010, a-t-il rappelé. Le calendrier de la Coupe du monde est vraiment bien fait pour mon ski en décembre.»

Bref, la seule chose qui pourrait l’empêcher de poursuivre son irrésistible lancée à Thaiwoo le week-end prochain serait... que son équipement n’arrive pas à destination. Celui-ci s’était en effet perdu quelque part entre Ruka et Thaiwoo, l’an dernier, et Kingsbury l’avait récupéré tout juste avant les qualifications. Une expérience qu’il ne compte pas revivre cette saison.

«Je suis présentement avec mon coéquipier Gabriel Dufresne, et je viens de mettre une de mes paires de skis dans son sac, donc c’est certain que mon “stock” va se rendre là-bas cette fois-ci, a-t-il dit, en riant. Que voulez-vous, on apprend de nos erreurs!»

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L’AVANTAGE DE SKIER EN FRANÇAIS

Pour la première fois depuis ses débuts en Coupe du monde, Mikaël Kingsbury a pu skier en français, vendredi à Ruka, en raison de la présence de Michel Hamelin l’ex-entraîneur de l’équipe féminine qui a remplacé Rob Kober. «Nous avons gagné la Coupe Nor-Am ensemble en 2010, donc nous nous connaissons bien. C’était différent, surtout parce que je pouvais discuter en français avec lui.

«Au cours des huit dernières années, tout se faisait en anglais avant que je skie. On dirait que c’est plus facile maintenant, et sans dire que j’ai un très bon anglais, je trouve que c’est plus simple, et plus clair, de m’exprimer en français sur la stratégie à adopter. Nous étions super bien préparés pour cette course-là, et on dirait même que ça faisait plusieurs années qu’on travaillait ensemble. C’est bien de pouvoir casser la glace ensemble avec une victoire.»