«La société Kellogg ne possède ni ne gère de fermes, et n’utilise pas de pesticides dans la fabrication de ses aliments», rappelle la responsable développement durable de l’entreprise, Amy Senter. Mais «nous avons commencé dès avant 2017 à discuter avec nos fournisseurs de leur utilisation de pesticides, y compris l’utilisation du glyphosate comme agent séchant», ajoute-t-elle.

Kellogg veut supprimer l’utilisation du glyphosate sur le blé et l’avoine

NEW YORK — Kellogg, l’entreprise américaine célèbre pour ses céréales du petit-déjeuner, souhaite éliminer d’ici 2025 l’utilisation du glyphosate sur le blé et l’avoine qu’il utilise dans ses produits comme les Smacks, les All Bran ou les Special K, dans le cadre d’une stratégie plus large sur l’utilisation des pesticides chez ses fournisseurs.

Le désherbant, le plus souvent vendu sous la marque Roundup, n’est déjà pas très employé sur le blé et l’avoine, des céréales qui ne sont pas génétiquement modifiées pour y résister.

Pour sécher les plants

Mais «dans certaines circonstances», certains agriculteurs utilisent le produit chimique pour assécher les plants «quelques semaines avant la moisson», reconnaît le groupe dans un message posté sur son site Internet et destiné à répondre aux questions des clients. Le niveau d’humidité étant réglementé, cette technique leur permet de l’abaisser plus rapidement avant la récolte, ce qui peut être utile si des orages s’annoncent.

«Bien que cette pratique ne soit pas répandue dans nos chaînes d’approvisionnement en blé et en avoine, nous travaillons avec nos fournisseurs pour éliminer progressivement l’utilisation du glyphosate comme agent de séchage avant récolte [...] sur nos principaux marchés, y compris aux États-Unis, d’ici la fin 2025», souligne l’entreprise.

Kellogg a pris cette décision, dévoilée lundi par le quotidien Washington Post, fin 2019, a précisé l’entreprise à l’AFP en soulignant qu’elle s’appliquerait notamment au Royaume-Uni, en France, aux États-Unis, au Canada, au Mexique et en Australie.

La société a parallèlement commencé à recueillir plus d’informations sur l’utilisation des produits phytosanitaires chez les agriculteurs à qui l’entreprise achète ses matières premières et a déjà engagé certaines actions pour réduire l’utilisation des pesticides.

«Nous travaillons actuellement avec nos fournisseurs et d’autres parties prenantes à un plan d’action pour 2025», indique le groupe dans un courriel.

«La société Kellogg ne possède ni ne gère de fermes, et n’utilise pas de pesticides dans la fabrication de ses aliments», rappelle la responsable développement durable de l’entreprise, Amy Senter. Mais «nous avons commencé dès avant 2017 à discuter avec nos fournisseurs de leur utilisation de pesticides, y compris l’utilisation du glyphosate comme agent séchant», ajoute-t-elle.

«Tous les produits vendus par Kellogg répondent aux exigences réglementaires, et nous continuons de surveiller activement la science, les réglementations et les préférences des consommateurs sur ce sujet», indique aussi Mme Senter.

Présence résiduelle de glyphosate

Le groupe agroalimentaire n’a en revanche pas explicitement évoqué l’utilisation du glyphosate sur le maïs ou le soja cultivé par ses fournisseurs, sachant que la grande majorité de ces produits agricoles est génétiquement modifiée aux États-Unis pour résister aux pesticides.

L’association Groupe de travail sur l’environnement (EWG) a en tout cas salué la décision dévoilée lundi, qui devrait permettre de diminuer la présence résiduelle de glyphosate dans les bols du petit-déjeuner.

Lors de trois séries de tests menées en 2018 et 2019 sur des produits contenant de l’avoine des marques Kellogg’s, General Mills et Quaker, elle avait trouvé des traces «dans pratiquement tous les échantillons analysés», rappelle-t-elle dans un communiqué.

«Il n’est pas surprenant que les consommateurs ne veuillent pas d’un désherbant controversé dans leurs céréales. Il est maintenant temps pour General Mills et Quaker d’écouter leurs clients et de suivre l’exemple de Kellogg», a commenté Ken Cook, un responsable de l’association, dans le document.