Justin Trudeau, genou à terre contre le racisme [PHOTOS+VIDÉO]

OTTAWA — Le premier ministre Justin Trudeau participe à la manifestation contre le racisme qui se déroule vendredi à Ottawa. 

Plusieurs manifestations ont été organisées vendredi dans des villes canadiennes pour dénoncer notamment le racisme et la brutalité policière.

M. Trudeau avait refusé de dire vendredi matin s’il y assisterait, mais il est arrivé sur la Colline du Parlement en milieu d’après-midi, escorté par des agents de sécurité et portant un masque en tissu noir. Il a écouté les discours des orateurs, hochant parfois de la tête en signe d’approbation.

Il a aussi applaudi les propos d’un orateur disant que tout le monde doit se placer devant l’alternative suivante: «être raciste ou être antiraciste».

Il a réagi de la même manière lorsque la foule a scandé Black lives matter.

Le premier ministre a même déposé un genou au sol en signe de solidarité avec les autres manifestants réunis sur la Colline du Parlement. Il a refait le geste lorsque les manifestants ont observé un long moment de recueillement de plus de huit minutes en mémoire des personnes noires tuées par les forces de l’ordre.

Ces plus de huit minutes coïncident avec le temps de l’agonie de George Floyd, tué par un policier de Minneapolis qui avait placé son genou sur le cou de l’homme, l’empêchant de respirer.

Certains manifestants ont exhorté le premier ministre à dénoncer le président américain Donald Trump.

M. Trudeau a quitté le rassemblement tout juste avant que les manifestants descendent dans les rues de la capitale, au moment où une chanteuse entonnait Redemption Song de Bob Marley & the Wailers. Il ne s’est adressé ni à la foule ni aux journalistes.

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LES MANIFESTANTS DESCENDENT DANS LES RUES DE TORONTO

Le chef de la police de Toronto a posé le genou au sol en solidarité avec des manifestants antiracistes qui marchaient dans la ville pour afficher leur colère face aux meurtres de Noirs par des policiers.

Des rassemblements similaires étaient aussi prévus ailleurs au pays.

Les manifestations ont lieu dans la foulée de la mort d'un homme noir aux mains d'un policier blanc à Minneapolis, qui a déclenché des jours de protestations parfois violentes aux États-Unis.

Le chef de la police de Toronto a posé un genou au sol en solidarité avec des manifestants.

À Ottawa, le premier ministre Justin Trudeau a qualifié les vidéos et les reportages qui ont fait surface à travers le pays au cours des dernières semaines de «troublants». Il a notamment été question d'un incident entre un homme autochtone et la GRC au Nunavut.

Bien que chaque cas doive faire l'objet d'une enquête, M. Trudeau a déclaré que le problème plus vaste du racisme systémique dans les services de police existait depuis longtemps et devait être réglé.

«Nous savons que, pour beaucoup trop de Canadiens racialisés ou autochtones, la réalité, quand [ils sont] confrontés ou quand ils interagissent avec les autorités, peut être extrêmement différente de celle de la majorité des Canadiens. Nous faisons face à des systèmes où la discrimination est présente. Et nous nous devons de [les] changer.»

Le changement, a-t-il ajouté, doit commencer immédiatement, mais ne se fera pas du jour au lendemain. La Presse canadienne

En prévision de la manifestation de Toronto et d'autres prévues dans la même ville ce week-end, plusieurs commerces de la rue Yonge et des environs, au centre-ville, ont barricadé leurs fenêtres. Le centre Eaton a fermé ses portes jusqu'à lundi par mesure de précaution.

Des manifestants prévoyaient également partir de la Colline du Parlement et marcher dans les rues d'Ottawa dans le cadre d'un événement organisé par No Peace Until Justice, formé par une jeune femme noire. Le but est de rassembler des militants noirs, des organisations et des alliés dans un mouvement de solidarité contre la brutalité policière et le racisme sociétal.

Les organisateurs ont demandé à la police de rester à l'écart et ont déclaré qu'ils n'avaient pas invité le maire Jim Watson, qui avait dit qu'il y assisterait. Le groupe s'est également dit opposé à toute diffusion en direct, aux vidéos et aux photos de la manifestation afin de protéger l'identité et la sécurité des personnes présentes.

En prévision de la manifestation de Toronto et d'autres prévues dans la même ville ce week-end, plusieurs commerces de la rue Yonge et des environs, au centre-ville, ont barricadé leurs fenêtres

Pour leur part, la police d'Ottawa a dit que la sécurité publique est une responsabilité partagée.

«Nous travaillons avec les organisateurs et toutes les parties prenantes pour permettre un événement sûr, sain et positif, a déclaré jeudi le service de police. Vous avez le droit d'être entendus; et nous appuierons ce droit en veillant sur votre sûreté.»

Les participants doivent reconnaître que la pandémie COVID-19 n'est pas terminée et la police travaille avec des organisateurs et des responsables de la santé publique d'Ottawa pour mettre à la disposition des manifestants des équipements de protection individuelle, a ajouté la force policière.

De même, le chef de la police de Toronto a déclaré que des agents seraient sur place pour s'assurer que les manifestations restent pacifiques.

Les diverses manifestations s'ajoutent à celles tenues à travers les États-Unis après qu'une vidéo a montré un policier de Minneapolis agenouillé sur le cou de George Floyd pendant près de neuf minutes. George Floyd a plaidé qu'il ne pouvait pas respirer avant de mourir sur le trottoir.