Romane Le Gallou est à la tête, en compagnie de Loriane Richard et de Raphaël Côté, des Rabat-Joies, une petite entreprise qui confectionne des rabats pour les juristes.

Juristes à la mode grâce aux Rabats-Joies

Si vous fréquentez un ou une avocate ou que vous déambulez dans les corridors des palais de justice du Québec et de l’Ontario, vous avez peut-être remarqué que certains juristes sont plus coquets que d’autres. L’entreprise saguenéenne Les Rabat-Joies y est pour quelque chose. Depuis deux ans, la petite compagnie conçoit, fabrique et distribue des rabats destinés aux avocats de la province et certains juges y ont également succombé. Qui a dit que justice ne pouvait pas rimer avec mode ?

L’entreprise Les Rabat-Joies, créée par Romane Le Gallou, Loriane Richard et Raphaël Côté, est née il y a deux ans, à Sherbrooke. Loriane Richard, qui terminait alors son Barreau, avait demandé à sa grand-mère, Nicole, de lui confectionner un rabat original pour la remise de son diplôme. Il faut spécifier qu’au Québec et en Ontario, la seule contrainte pour le port du rabat est qu’il soit blanc. Grand-maman Nicole s’est alors mise au travail et les collègues de Loriane Richard ont vite levé la main pour en avoir également.

Une quinzaine de modèles différents sont disponibles chez Les Rabat-Joies.

Le duo s’est lancé dans la production, mais s’est vite essoufflé par la demande. C’est à ce moment que sont rentrés en jeu Romane Le Gallou, une bonne amie de Loriane Richard, de même que son conjoint Raphaël Côté. Le couple de Chicoutimi a vite été charmé par l’idée. Raphaël Côté, qui travaille à l’entreprise familiale Équipements Saguenay, dans le secteur de Rivière-du-Moulin, a donc proposé que la production y déménage, puisqu’il possédait déjà les équipements nécessaires. Les Rabat-Joies sont donc nés à Rivière-du-Moulin et une couturière a été engagée à temps complet, pour répondre à la demande sans cesse grandissante.

Romane Le Gallou est à la tête, en compagnie de Loriane Richard et de Raphaël Côté, des Rabat-Joies, une petite entreprise qui confectionne des rabats pour les juristes.

L’offre pour les rabats des juristes ne court pas les rues. Une compagnie montréalaise en confectionne sur mesure, mais il faut se rendre en boutique, tandis qu’un distributeur en ligne propose des rabats plus traditionnels.

Les juristes se doivent de porter le rabat en salle d’audience. Selon les règles de la cour, ce rabat doit être blanc.

Chez Les Rabat-Joies, une quinzaine de modèles sont offerts aux juristes. Certains plus féminins, d’autre unisexes, à dentelle, avec un bijou ou des plus conservateurs ; plusieurs avocats et avocates portent maintenant fièrement les rabats, qui sont, précisons-le, obligatoires lorsqu’un juriste plaide en cour.

Au cours de la dernière année, Les Rabats-Joies ont déniché 600 nouveaux clients. Entre 60 et 100 rabats sont confectionnés chaque semaine. « Ce qu’on nous dit beaucoup, c’est que nos rabats permettent aux avocats d’avoir une petite touche plus originale. Le monde de la cour n’est pas un univers où on peut se démarquer beaucoup par l’habillement ! Il y a les rabats et les souliers, c’est pas mal tout », explique Romane Le Gallou, ajoutant que pour le moment, ce sont surtout les avocates qui portent les rabats de l’entreprise, mais que de plus en plus d’avocats y succombent.

Les Rabats-Joies distribuent en ligne à l’échelle du Québec et aussi en Ontario, depuis environ deux ans.

« Plusieurs nous disent qu’ils portent nos rabats comme un bijou », ajoute Mme Le Gallou.

L’entreprise offre également un service de broderie personnalisé. Le juriste peut, par exemple, faire broder son nom ou la date de l’obtention de son diplôme.

Très peu d’entreprises se spécialisent dans le rabat pour les juristes.
Pour le moment, les clients des Rabat-Joies sont surtout les avocates, mais des modèles pour hommes ou unisexes sont également offerts.

« Nous voulons offrir un service à la clientèle particulier, car c’est un secteur très niché et nous n’avons pas beaucoup de compétiteurs. Nous sommes fiers lorsqu’on voit un avocat avec nos rabats », souligne Romane Le Gallou, qui travaille aussi au CIUSSS du Saguenay–Lac-Saint-Jean, ajoutant que des partenariats ont récemment été créés, notamment avec Véronique Fortier Joallière.

Certains rabats sont en effet munis d’un bijou, pour encore plus de coquetterie.

Selon Romane Le Gallou, les procureurs peuvent s’offrir une petite touche d’originalité, dans un monde qui reste très conservateur.