Lucie Lamarche a été exposée à des concentrations mortelles de monoxyde de carbone lorsqu’elle est entrée dans le camion de cuisine de rue, le 18 mai dernier.

Intoxiquée mortellement au monoxyde de carbone dans un camion de cuisine de rue

Une représentante de l’entreprise Luv Shack, qui opérait un camion de cuisine de rue à la Place de la Gare à Granby, a été exposée à des concentrations mortelles de monoxyde de carbone en entrant dans le véhicule, le 18  mai dernier. Deux causes ont été identifiées par la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) pour expliquer la tragédie, la première à survenir dans un camion de cuisine de rue au Québec.

Le jour de l’accident, le camion avait été en opération en bordure de la piste cyclable longeant le lac Boivin. L’employé en poste a quitté le camion pour se rendre chez la représentante de l’entreprise Luv Shack, Lucie Lamarche, et la conduire jusqu’au camion afin qu’elle procède à sa fermeture. 

Or, la génératrice utilisée pour alimenter les appareils utilisés dans le camion était en fonction et les portes du véhicule étaient toutes fermées, ce qui a entraîné une accumulation de monoxyde de carbone, un gaz inodore. 

« Il y a eu des conditions durant la journée qui a fait en sorte que la génératrice a fonctionné durant environ 25 minutes alors que le véhicule était complètement fermé, les portes étaient fermées », explique Luc Lefebvre, un des inspecteurs de la CNESST à la Direction régionale de la Yamaska qui a participé à l’investigation. 

Concentrations mortelles

Une simulation réalisée par les inspecteurs dans le cadre de leur enquête a permis de démontrer que la victime est entrée dans le camion et a réussi à éteindre la génératrice, après quoi elle a perdu connaissance.

« Elle a été exposée à des concentrations mortelles de monoxyde de carbone, ce qui a mené rapidement à une perte de conscience », indique M.  Lefebvre. 

La simulation a également permis d’établir que le taux de monoxyde de carbone était entre 10 000 et 15 300 parties par million (ppm). 

« À titre comparatif, lorsqu’on est à 12 800 ppm, selon le Centre antipoison Belge, une personne qui est exposée à de telles concentrations, perd immédiatement connaissance et le décès survient entre une et trois minutes », explique M. Lefebvre.

C’est un autre représentant de Luv Shack qui a retrouvé la dame inanimée dans le camion. Des manoeuvres de réanimation ont été entreprises, mais son décès a été constaté à l’hôpital de Granby.

L’investigation menée par la CNESST a identifié deux causes qui ont joué un rôle dans la tragédie. D’abord, le fonctionnement de la génératrice à l’intérieur du camion de cuisine de rue, alors que les portes étaient fermées, a entraîné une accumulation de monoxyde de carbone. Puis, la représentante de Luv Shack a été exposée à une concentration mortelle de monoxyde de carbone.

Prévention

Ce décès est le premier à survenir dans de telles circonstances dans un camion de cuisine de rue au Québec.

La CNESST transmettra d’ailleurs les conclusions de son enquête à l’Association des restaurateurs de rue du Québec afin qu’elle informe ses membres, indique Hélène Hamann, directrice santé et sécurité au service de la prévention-inspection à la Direction régionale de la Yamaska.

Afin de prévenir les accidents qui sont liés à l’utilisation d’une génératrice et d’autres équipements qui produisent du monoxyde de carbone, la CNESST rappelle qu’il faut placer ces appareils à l’extérieur. Il est aussi important de suivre les recommandations du fabricant sur l’installation de la génératrice.

Les employeurs sont également invités à former les travailleurs sur l’utilisation sécuritaire des appareils qui produisent du monoxyde de carbone.

L’entreprise Luv Shack n’est plus en activité aujourd’hui. Après analyse du dossier, la CNESST a décidé de ne pas donner de constat d’infraction à l’employeur.