En juin, la ministre Danielle McCann affirmait que la réforme prochaine du mode de rémunération des 9000 omnipraticiens du Québec (le gouvernement Legault veut fixer une partie de celle-ci au prorata du nombre patients pris en charge par les médecins de famille) permettra d’aller au-delà de la cible de 85 % fixée par le gouvernement Couillard.
En juin, la ministre Danielle McCann affirmait que la réforme prochaine du mode de rémunération des 9000 omnipraticiens du Québec (le gouvernement Legault veut fixer une partie de celle-ci au prorata du nombre patients pris en charge par les médecins de famille) permettra d’aller au-delà de la cible de 85 % fixée par le gouvernement Couillard.

Inscription à un médecin de famille: la CAQ abaisse sa cible à celle des libéraux

La ministre de la Santé, Danielle McCann, visait en juin une cible de 95 % de Québécois inscrits à un médecin de famille d’ici la fin du présent mandat du gouvernement Legault. Or cette cible n’apparaît pas dans le plan stratégique 2019-2023 du ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS), qui vise plutôt un taux d’inscription de… 85 % d’ici 2022-2023, le même que celui fixé sous les libéraux.

Au 31 mars dernier, plus de 6 millions de Québécois, soit 81 % de la population admissible, avaient un médecin de famille, et quelque 540 000 personnes étaient en attente au Guichet d’accès. 

En juin, la ministre Danielle McCann affirmait que la réforme prochaine du mode de rémunération des 9000 omnipraticiens du Québec (le gouvernement Legault veut fixer une partie de celle-ci au prorata du nombre patients pris en charge par les médecins de famille) permettra d’aller au-delà de la cible de 85 % fixée par le gouvernement Couillard. 

En Ontario, où un système de capitation est en vigueur depuis 15 ans, 95 % des patients ont un médecin de famille, comparait Danielle McCann. La ministre de la Santé disait vouloir atteindre la même cible au Québec, «en autant qu’il y ait 95 % des Québécois qui veulent un médecin de famille».

Le plan stratégique 2019-2023 déposé mercredi par le ministère de la Santé ne fait pas mention de cette cible de 95 %. Les objectifs fixés sont plutôt de 82 % pour 2019-2020, de 83 % pour 2020-2021, de 84 % pour 2021-2022 et de 85 % pour 2022-2023.

Le ministère de la Santé s’engage toutefois à augmenter d’ici 2022-2023 à 85 % le pourcentage des personnes ayant consulté un professionnel de la santé à l’intérieur de 36 heures, c’est-à-dire le jour même de leur demande ou le lendemain. 

Dans son plan stratégique, le ministère de la Santé y va de cette petite note en bas de page : «Notons que les cibles concernant l’inscription auprès d’un médecin de famille ainsi que l’accès à l’intérieur de 36 heures pourraient être revus à la hausse selon l’évolution de l’entente sur la rémunération des médecins».

Santé mentale

Par ailleurs, à plusieurs reprises depuis sa nomination, la ministre McCann a dit vouloir améliorer l’accès aux services de santé mentale. Ce printemps, elle s’est engagée à éliminer les listes d’attente au guichet d’accès. Son objectif, disait-elle notamment, était que d’ici le printemps 2020, toute personne présentant un problème de santé mentale, peu importe son âge, ait accès gratuitement, et en temps opportun, aux services requis par son état.

Dans son plan stratégique 2019-2023, le ministère de la Santé se fait plus prudent. «Le MSSS compte améliorer l’accès [aux services en santé mentale] au cours des prochaines années afin qu’en 2023, la liste d’attente pour un service en santé mentale ait diminué de 90 % par rapport à 2019». 

En 2019, plus de 15 000 personnes (adulte et jeunes) étaient en attente d’un service en santé mentale, dont environ 12 000 en première ligne et approximativement 3000 en deuxième ligne. 

Le ministère vise à réduire le nombre de personnes en attente d’un service en santé mentale à 11 530 en 2019-2020, à 6150 en 2020-2021, à 2307 en 2021-2022 et à 1538 en 2022-2023.