La présidente du SPSO, Lyne Plante, explique que les citrons ont une double symbolique dans le cadre des négociations actuelles avec le CISSSO.

Infirmières: 2800 prix citron pour la direction du CISSS de l'Outaouais

Un mur de boîtes d’agrumes s’est formé mardi devant les portes du siège social du Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO), où des infirmières ont déposé 2800 citrons afin de décerner au grand patron de l’organisation le « prix citron du pire employeur du réseau de la santé », quelques jours avant la date limite du 21 octobre pour en arriver à une entente négociée.

Après avoir organisé un sit-in lundi après-midi près des bureaux des ressources humaines de l’Hôpital de Gatineau, le Syndicat des professionnelles en soins de l’Outaouais (SPSO) a voulu faire un coup d’éclat, mardi avant-midi, en laissant 2800 citrons — un par membre — devant les bureaux du CISSSO, sur l’avenue Gatineau. Au-dessus des caisses de citrons trônait une marionnette géante avec une photo du président-directeur général du CISSSO, Jean Hébert, en guise de visage.

Le but ultime était de remettre un prix citron à M. Hébert, pour souligner que son organisation est la seule au Québec à ne pas encore avoir conclu d’entente négociée avec ses professionnelles en soins affiliées à la Fédération interprofessionnelle de la santé.

« Il presse le citron des 2800 professionnelles en soins de l’Outaouais », a dénoncé la présidente du SPSO, Lyne Plante, qui a précisé que tous les citrons allaient être offerts à Moisson Outaouais afin qu’ils soient distribués à des organismes communautaires de la région.

Peu de temps avant le point de presse syndical, Mme Plante a été invitée à participer à une rencontre avec M. Hébert en après-midi. L’employeur a alors démontré « une certaine ouverture » laissant présager la possibilité qu’une entente soit conclue d’ici dimanche, a indiqué la présidente du syndicat.

Selon la partie syndicale, « les grosses matières » restent en litige. Cela inclut les vacances, la fin de semaine sur deux de congé, la dotation des postes, la flexibilité et les déplacements sur le territoire, a fait savoir Mme Plante.

Jean Hébert est sorti du siège social vers la fin du point de presse pour s’adresser brièvement aux médias. La rencontre à laquelle il a convié Mme Plante vise à « faire le point », a-t-il dit, pour déterminer comment les deux parties sont « capables de se rapprocher par rapport à différents enjeux ».

« Nos préoccupations, c’est de pouvoir premièrement répondre aux besoins de la population sur l’ensemble du territoire de l’Outaouais », a-t-il souligné, en ajoutant vouloir mettre en place des « outils » pour mettre fin au temps supplémentaire obligatoire chez le personnel infirmier.

Disant ne pas vouloir négocier sur la place publique, Jean Hébert a tout de même affirmé que la « réalité géographique » de l’Outaouais et la pénurie de main-d’œuvre font en sorte que la « flexibilité » vise à « pouvoir déployer [les] équipes là où [le CISSSO] en a besoin ».

Le syndicat rétorque qu’une telle avenue risque d’engendrer un exode de ses membres « vers l’Ontario, une autre région ou leur région d’origine ».

Les membres du syndicat participeront le 22 octobre à trois assemblées générales. Les membres devront se prononcer pour l’adoption d’une éventuelle entente de principe ou pour un « arrêt de travail », ce qui impliquerait le maintien de services essentiels.

Après avoir essuyé l’annulation de certaines rencontres de négociation, le syndicat dit avoir récemment demandé une intensification, ce qui a permis d’obtenir « l’ajout de quelques séances ». Mme Plante soutient être prête à négocier 24 heures sur 24, sept jours sur sept. « Le temps presse, mais tout est encore possible », estime la présidente du SPSO.