Lundi, 60 heures après l’incendie, la présence policière soutenue dans la maison de la route Poirier était visible par la fenêtre. Les enquêteurs étaient de retour, mardi.

Incendie mortel de Saint-Siméon: un possible acte criminel

SAINT-SIMÉON-DE-BONAVENTURE — Le Service des enquêtes sur les crimes contre la personne de la Sûreté du Québec (SQ) prend le relais pour élucider l’incendie mortel de Saint-Siméon, en Gaspésie. Une femme de 40 ans et deux adolescents de 14 ans ont péri dans le brasier survenu aux petites heures, samedi matin.

«Certains nouveaux éléments portent à croire qu’il pourrait s’agir d’un acte criminel», précise Béatrice Dorsainville, porte-parole de la Sûreté du Québec. Elle ne donne aucun autre détail sur les raisons qui ont poussé les policiers à confier le dossier au Service des enquêtes sur les crimes contre la personne, mardi en fin d’après-midi.

Les victimes de l’incendie sont Isabelle Lepage, 40 ans, de Saint-Siméon, son fils Philippe Lepage, qui vivait avec son père à Murdochville, et l’amie de cœur de Philippe, Laurence Lebrasseur, de Paspébiac.

La survivante, Marilou Lepage, 18 ans, a échappé de justesse au brasier. Dormant à l’étage de la maison sise sur la route Poirier, les trois victimes n’ont pas eu cette chance.

Béatrice Dorsainville reste avare de commentaires sur les «nouveaux éléments» ayant fait basculer l’enquête. Questionnée au sujet de la présence présumée d’accélérant dans la demeure, elle a indiqué ne pas connaître les éléments de l’enquête.

La Sûreté du Québec cherche-t-elle quelqu’un? «On ne cherche pas quelqu’un pour le moment», assure Mme Dorsainville.

Maison examinée

Trois groupes d’enquêteurs ont examiné la maison incendiée sous tous ses angles depuis samedi matin, l’Escouade des crimes majeurs dans les heures ayant suivi l’extinction du brasier, le Service d’identité judiciaire entre 8h et 17h dimanche, puis de nouveau l’Escouade des crimes majeurs lundi, avant l’intervention du Service des enquêtes sur les crimes contre la personne.

La Sûreté du Québec reste également discrète sur la présence ou non d’un détecteur de fumée dans la demeure de la route Poirier, tout comme sur l’élément qui aurait causé l’incendie.

«La cause n’est pas encore connue. Je ne peux pas dire s’il y avait des détecteurs ou pas. C’est l’enquête du coroner qui pourra répondre à ça», signale le sergent Claude Doiron, également porte-parole de la SQ.

Longue enquête

Maintenant simple citoyen, Jean-Guy Poirier, qui a été maire de Saint-Siméon pendant 40 ans, note que la nouvelle tournure prise par l’affaire secoue davantage la population du village, déjà ébranlée par la tragédie. M. Poirier pensait depuis lundi que l’enquête était anormalement longue dans la maison et ses alentours.

«Je me doutais qu’il se passait quelque chose de spécial. Normalement, ça prend quatre-cinq heures, une enquête dans une maison incendiée. Il y avait encore des policiers dans la maison à 17h aujourd’hui [mardi], le quatrième jour après le feu. Il y a beaucoup de policiers dans le village. On les a vus sur le bord de la Baie des Chaleurs, à la recherche de quelque chose, dans les cours des maisons du voisinage», note M. Poirier.

Les trois victimes dormaient à l’étage de la maison, où leurs corps ont été trouvés. La survivante, Marilou Lepage, dormait au sous-sol. Elle a été réveillée par les cris de Laurence Lebrasseur, qui a péri dans le brasier.

Des représentants des services sociaux interviennent depuis samedi matin à Saint-Siméon, et les écoles fréquentées par les deux adolescents et leurs amis fournissent aussi du soutien aux élèves depuis lundi.