La porte-parole de la police de Gatineau, Andrée East, a confirmé qu’une femme de 38 ans a été accusée d’homicide involontaire et d’incendie criminel. Un des deux foyers d’incendie était dans cette camionnette garée à l’extérieur de l’immeuble à logements de la rue Paluck.

Incendie mortel à Gatineau: une femme accusée d’homicide involontaire d'un bébé

Un revirement majeur est survenu vendredi dans l’enquête sur l’incendie suspect ayant coûté la vie à un bébé de trois mois cet été à Gatineau. Une femme de 38 ans a été arrêtée jeudi vers 17h par le Service de police de la Ville de Gatineau (SPVG).

Elle a comparu au palais de justice de Gatineau vendredi après-midi. Elle fait face à des chefs d’accusation d’homicide involontaire, d’incendie criminel mettant en danger la vie humaine et d’incendie criminel entraînant des dommages matériels. 

Le juge de la Cour du Québec a émis une ordonnance de non-publication concernant tous les éléments permettant d’identifier les victimes.

Les événements se sont produits le 31 août dernier dans un immeuble à logements de la rue Paluck, dans le secteur Buckingham.

Rappelons que le bambin avait succombé à ses blessures quelques heures après avoir été transporté à l’hôpital, alors que cinq autres personnes incluant la suspecte, avaient subi des blessures.

Un homme, qui aurait subi de graves brûlures sur 85 % de son corps selon des proches, est d’ailleurs toujours hospitalisé dans un établissement spécialisé de Montréal. Un autre enfant âgé de moins de deux ans est également encore à l’hôpital. Leur état est jugé sérieux, mais on ne craint pas pour leur vie. 

Un autre enfant de 12 ans avait été blessé, mais avait rapidement reçu son congé de l’hôpital.

Selon le SPVG, les résultats obtenus à la suite des expertises menées sur la scène de l’incendie ont permis de confirmer la présence de deux foyers d’incendie de nature criminelle, soit un dans la camionnette stationnée à l’extérieur et le second dans l’édifice à logements. Il n’y avait pas d’avertisseur de fumée dans le logis.

La porte-parole du SPVG, Andrée East.

La porte-parole du SPVG, Andrée East, a affirmé qu’il était impossible de dévoiler des détails au sujet de la chronologie des événements lors du drame ainsi que des éléments ayant pointé vers l’accusée.

Après plus de sept semaines d’enquête, l’analyse de divers éléments et la rencontre de nombreux témoins ont permis aux enquêteurs de procéder à l’arrestation de la Gatinoise.

Les autorités policières soutiennent que rien ne tend à démontrer pour l’instant que la suspecte pourrait avoir eu un ou des complices, mais ajoute que l’enquête se poursuit. Il n’est pas impossible que d’autres accusations soient déposées dans cette affaire.

Mme East affirme qu’il est normal qu’un délai de presque deux mois se soit écoulé entre l’incendie mortel et l’arrestation, et ce même si la femme était présente au moment des événements de la fin août.

« Ça peut paraître simple, mais en fait lorsqu’on mène une enquête policière, il faut s’assure de fermer toutes les portes. C’est très stratégique. Une enquête, ça peut nous amener un peu n’importe où. C’est très exploratoire, il faut prendre le temps de récolter tous les éléments de preuve, rencontrer toutes les personnes, témoins. Il faut relier ces événements-là, il faut explorer toutes les pistes d’information qui sont portées à notre attention pour être certain de ne rien manquer et en arriver à une seule conclusion possible », explique-t-elle, rappelant que l’objectif est de prouver hors de tout doute qu’une personne a commis un crime.

Comme il y a mort d’enfant, la Direction de la protection de la jeunesse offre sa collaboration dans ce dossier, a confirmé la police.