Le palais de justice de Québec

Huit mois de prison pour avoir mis le feu à sa chaise berçante

Un sexagénaire coupable d’incendie criminel posant un danger pour la vie humaine a été condamné jeudi, au palais de justice de Québec, à purger huit mois de détention pour avoir mis le feu à sa chaise berçante dans son appartement de Beauport, en 2017.

Si on soustrait le temps de détention provisoire et la thérapie fermée de six mois à laquelle il a participé, Yvan Petit devra passer 43 jours derrière les barreaux de façon discontinue, soit les dimanches et les lundis. 

Le juge Bernard Lemieux de la Cour du Québec a consenti à la suggestion commune des procureurs qui inclut une probation de deux ans, un suivi de 18 mois et 150 heures de travaux communautaires. Il sera également interdit à Petit de consommer toute drogue, légale ou non, et de se trouver dans l’immeuble qu’il a incendié.

«J’ai vu des peines beaucoup plus sévères pour ce genre de crime», a noté le juge Lemieux. Le sexagénaire s’en tire effectivement à bon compte, puisque la peine maximale pour un crime de ce type est l’emprisonnement à perpétuité, un élément que le juge n’a pas manqué de lui rappeler. 

Le soir du 29 octobre 2017, Yvan Petit est dans un état de psychose après avoir consommé des stupéfiants. Croyant que des personnes tentaient d’entrer dans son appartement de la rue Joncas pour le tuer, l’homme aujourd’hui âgé de 61 ans met le feu à sa chaise berçante.

L’incendie nécessite l’intervention d’une cinquantaine de pompiers et l’évacuation de l’immeuble comptant environ 30 logements. Petit avouera être l’auteur du brasier. Les policiers se questionnent à ce moment sur l’état mental de l’homme.

Les dommages se sont élevés à 130 000 $. Personne n’a été blessé.

Au moment de prononcer la peine, le juge Lemieux a tenu à souligner que l’incident a causé des dommages importants et que la vie de nombreux locataires a été mise en danger par la faute de l’accusé.

Bonne conduite

L’accusé a pu bénéficier d’une peine somme toute clémente grâce notamment à sa bonne conduite depuis les événements. Petit a pris part à une thérapie fermée pour mettre fin à sa consommation de stupéfiants, n’a brisé aucune condition qui lui avaient été imposées et a fait preuve d’une collaboration «soutenue».

De plus, le rapport présentenciel «très positif» fait état de beaucoup d’introspection, quelque chose «qu’on ne voit pas souvent», estime la poursuite qui ajoute qu’il est clair que la consommation a poussé Petit à poser ses gestes. 

«Vous vous êtes repris en main», a noté le juge qui a rappelé le principe d’individualisation voulant que chaque cas soit un cas d’espèce et que chaque peine doit s’adapter à chaque accusé.

Yvan Petit a une fois de plus exprimé ses regrets devant la cour par rapport aux gestes qu’il a posés. «Je n’ai jamais souhaité mettre la vie des autres en danger, a-t-il dit. J’estime que ça va me propulser par en avant, ça va être un incitatif à mener une meilleure vie.»