Le procès de Ronald Junior Brazeau pour l'homicide involontaire d'Amanda Trottier (à gauche) est interrompu.

Homicide involontaire: arrêt des procédures dans le procès de Ronald Junior Brazeau

La Cour du Québec ordonne l’arrêt des procédures, dans le procès de Ronald Junior Brazeau pour l’homicide involontaire d’Amanda Trottier, en janvier 2014, dans le secteur Aylmer.

C’est une victoire importante pour le clan Brazeau, qui a toujours maintenu son innocence dans ce dossier.

M. Brazeau a déjà plaidé coupable de l’homicide involontaire du conjoint de Mme Trottier, Travis Votour. Il a déjà reçu une peine de cinq ans de prison. Ayant purgé le tiers de sa peine, il est aujourd’hui admissible à une demande de libération conditionnelle.

La juge Rosemarie Millar a mis un terme aux procédures dans le dossier de l’homicide de Mme Trottier, vendredi, parce que la preuve de la Couronne était essentiellement contradictoire.

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Ronald Junior Brazeau

« (Brazeau) soutient qu’il est abusif que la poursuite admette, d’une part (...) qu’il ait demandé à René Samson de ‘donner une drette’ à Travis Votour alors qu’il promènerait son chien, et d’autre part, présente une preuve (...) voulant qu’il aurait plutôt demandé à Samson de tuer Votour et sa conjointe », résume la juge Millar.

Pour l’avocate de la défense, Me Véronique Robert, il s’agit d’une victoire importante pour la famille Brazeau.

La Couronne n’a pas commenté le dossier.

Dédales

Cet arrêt des procédures survient après de nombreux dédales.

Le procès de M. Brazeau pour l’homicide de Mme Trottier a été annulé une première fois, alors qu’une autre juge, Anouk Desaulniers, a déclaré que la preuve de la Couronne était contradictoire.

La juge Desaulniers a fait cesser ce procès, et ordonné la tenue d’une deuxième instance.

Le tribunal avait alors conclu que l’accusé n’avait pas eu de procès juste et équitable.

La nouvelle juge au dossier, Rosemarie Millar, a déclaré que la Couronne répétait la même erreur, en présentant « exactement la même preuve » incluant deux versions différentes pour un même crime.

Selon les avocats de M. Brazeau, la Couronne n’avait pas le choix de présenter la seule version retenue lorsqu’il a plaidé coupable de l’homicide involontaire de Travis Votour.

La Couronne et la défense avaient présenté une version commune des faits, à ce moment.

« Même si, d’une part, écrit la juge Millar, la société est en droit d’obtenir un jugement sur le fond, d’autre part, l’injustice causée au requérant pour la deuxième fois est telle que, pour préserver l’intégrité du système judiciaire et dénoncer la violation constitutionnelle causée par (la Couronne), l’arrêt des procédures est le seul remède approprié. »

« Rien contre elle »

« Djune » Brazeau a toujours maintenu qu’il n’avait rien contre Amanda Trottier.

La jeune mère a été assassinée à son domicile, en même temps que son conjoint.

Travis Votour était actif dans le milieu de la vente de drogue.

Brazeau a admis avoir demandé à René Samson-Von Richter d’aller « donner une drette » à Travis Votour lorsque ce dernier sortirait marcher avec son chien.

L’accusé, qui vendait du cannabis, à l’époque, n’avait pas digéré que Votour ait volé sa drogue.

René Samson-Von Richter et sa conjointe, Sonia Vilon, ont fait irruption chez leurs victimes. Les deux Aylmerois ont été abattus par balles, dans leur résidence de la rue de la Terrasse-Eardley, le 6 janvier 2014.

Mme Vilon purge douze ans de pénitencier pour homicides involontaires, et M. Von Richter, une peine à vie sans possibilité de libération conditionnelle avant 15 ans pour meurtre sans préméditation.