De retour au Québec, Alex Harvey n’exclut pas totalement de se lancer dans un autre cycle olympique.

Harvey entrouvre la porte à un autre cycle olympique

Plus de quatre mois après son départ de Québec et trois semaines après sa quatrième place au 50 km des JO de PyeongChang, Alex Harvey est finalement de retour à la maison. S’il se dit serein à l’idée de prendre sa retraite sans médaille olympique à son palmarès, à l’issue de la prochaine saison, «la porte n’est pas complètement fermée» pour un autre cycle de quatre ans.

C’est un Harvey visiblement heureux de retrouver ses proches qui est débarqué à l’aéroport de Québec, lundi après-midi. Parti depuis le 8 novembre pour enchaîner camp d’entraînement, compétitions du circuit de la Coupe du Monde et Jeux olympiques, le skieur n’avait plus mis les pieds à la maison depuis. 

Au lendemain de sa deuxième position lors de sa dernière course de l’hiver, la poursuite de 15 km à Falun, en Suède, Harvey dressait un bilan positif de sa saison. «C’est la saison où j’ai marqué le plus de points de ma carrière au cumulatif de la Coupe du Monde. Je termine quatrième au classement alors que j’avais terminé troisième les deux dernières années, mais c’est juste parce que la compétition était encore plus relevée», a d’abord pointé le fondeur de Saint-Ferréol-les-Neiges, avant de revenir sur sa quatrième position crève-cœur au 50 km des Jeux de PyeongChang. 

«Avec du recul, ça a été une de mes meilleures performances physiques en carrière, un 50 km extrêmement exigeant pour tout le monde. Ça me donne beaucoup de satisfaction d’avoir été capable de me battre jusqu’à la fin et d’avoir battu tous les Norvégiens sur un 50 km classique.»

Pas en attente d'une «médaille par la poste»

Dans les heures suivant sa dernière course des JO, plusieurs avaient suggéré que l’athlète pourrait finir par recevoir «une médaille par la poste». Certains parlaient même d’un vol. Harvey a, après tout, été battu par deux jeunes Russes, dont un, Andrey Larkov, sortait un peu de nulle part. 

Mais Harvey assure qu’il ne s’attend pas à une médaille à retardement. Il a terminé au pied du podium et tourne la page. «L’objectif était de partir des Jeux avec une médaille, donc le résultat est décevant, mais tout le reste est à la hauteur de mes attentes.»

Déjà lundi, le skieur vedette de l’équipe nationale a dû répondre aux questions concernant son avenir. Le plan est toujours de défendre son titre de champion du monde au 50 km la saison prochaine, puis de participer aux finales de la Coupe du monde à Québec en mars 2019 avant d’accrocher ses skis pour de bon. Mais «ce n’est pas hors de question» qu’il continue pour un autre cycle olympique de quatre ans, a-t-il cette fois précisé. 

«Je veux continuer à 100 % l’an prochain et je vais voir comment je me sens dans 365 jours. Fort probablement que ce sera ma dernière saison. La porte n’est pas complètement fermée, mais ça se rapproche.»

Si ce n’était que du ski, Harvey ne songerait pas encore à la retraite. Ce sont plutôt les longs mois passés à travers le monde loin de sa famille, sa copine et ses amis qu’il tolère moins en vieillissant.  

«C’est la grande raison pourquoi je pense m’arrêter l’an prochain. J’adore encore la compétition. D’ailleurs, je pense que ma deuxième position, dimanche, c’est davantage joué au niveau de l’envie et de la motivation qu’au niveau physique. J’ai encore le goût, mais c’est de plus en plus difficile d’être éloigné de mes proches durant une période prolongée.»

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LES SKIS AU PLACARD... POUR PEU DE TEMPS

De retour à Québec lundi après avoir passé de longs mois à compétitionner partout dans le monde, Alex Harvey était visiblement heureux de retrouver les siens.

Si Alex Harvey parle d’un repos de quelques semaines à la maison après une longue saison de Coupe du monde, il ne faut pas comprendre par là qu’il rangera ses skis au placard. «C’est sûr que je vais continuer à skier d’ici la fin du mois de mars.» Les vacances qui suivront ne seront pas trop longues et il ne passera pas l’ensemble de la saison morte à Québec. Toujours en quête de nouveau moyen d’améliorer sa préparation physique, il profitera de ses liens avec la puissante équipe norvégienne pour aller s’entraîner avec elle durant «trois semaines ou un mois», cet été.

C’est que ses meilleurs amis sur le circuit de la Coupe du monde sont des Norvégiens et deux de leurs entraîneurs sont des anciens du programme canadien. La Norvège n’accepterait probablement pas de partager son savoir-faire à l’entraînement avec des Suédois, mentionne Harvey, mais l’équipe canadienne, dans l’ensemble, n’est pas vue comme une menace au trône. 

En Europe, Harvey participera à deux séries de compétitions en ski à roulettes. «Je vais faire ça pour voir le niveau et me faire défier. C’est beau de m’entraîner avec mon groupe à Québec, mais ça reste que ce sont les meilleurs au monde qui me permettent de pousser mes limites et c’est en Norvège que je peux retrouver ça.»