Le conseil d’administration du réseau de transport du New Jersey Transit doit se réunir mercredi pour donner le feu vert à un contrat avec Bombardier pour l’achat de 113 véhicules passagers multiniveaux.

Gros contrat en vue pour Bombardier Transport

Bombardier Transport s'apprête à décrocher un juteux contrat pouvant atteindre 3,6 milliards $ US aux États-Unis, mais qui aurait vraisemblablement aucune retombée pour son usine québécoise de La Pocatière.

En raison des clauses de type Buy America exigeant un seuil minimal de contenu local, c'est l'usine américaine de l'entreprise située à Plattsburgh, dans l'État de New York, qui devrait surtout profiter de cette commande.

Le conseil d'administration du réseau de transport du New Jersey Transit (NJT) doit se réunir mercredi pour donner le feu vert à la signature d'un contrat avec Bombardier pour l'achat de 113 véhicules passagers multiniveaux. En incluant des pièces de rechange et d'autres équipements, la somme devrait atteindre 669 millions $ US.

«Nous sommes heureux de constater qu'une commande pour Bombardier figure à l'ordre du jour», a indiqué par courriel un porte-parole de l'entreprise, Eric Prud'homme, qui n'a pas voulu commenter davantage.

De plus, le contrat comporterait 14 options pour 636 autres véhicules pour la New Jersey Transit ainsi que 250 autres qui seraient destinés à la Southeastern Pennsylvania Transportation Authority (SEPTA).

En tenant compte de l'ensemble des options, la commande pourrait atteindre 999 voitures, pour un total de 3,6 milliards $ US, d'après le document qui accompagne l'ordre du jour du conseil d'administration de la NJT mis en ligne mardi.

Si toutes les options étaient exercées, il s'agirait de l'un des plus importants contrats décrochés par Bombardier en Amérique du Nord.

Selon l'agence Reuters, le géant asiatique China Railway Rolling Stock Corporation, qui a également décroché des commandes à Chicago ainsi qu'au Massachusetts, convoitait aussi le contrat de la NJT, mais son offre n'a pas été retenue

Le document publié en ligne indique que les nouvelles voitures qui devraient être livrées par Bombardier pourront transporter plus de passagers en plus d'offrir des options comme des ports UBS ainsi qu'un éclairage DEL.

Retombées invisibles?

Actuellement, au moins 65 % du coût de tous les composants doivent être fabriqués aux États-Unis et l'assemblage final doit s'effectuer en territoire américain. Le seuil de contenu minimal passera à 70 % en 2020.

«Si (le contrat est octroyé), nous allons nous conformer aux exigences de 70 %», a indiqué M. Prud'homme.

De telles exigences font en sorte qu'il risque d'être très difficile pour les travailleurs québécois de Bombardier à l'usine de La Pocatière, dans le Bas-Saint-Laurent, de profiter des retombées de cette importante entente.

La multinationale québécoise serait sur le point de se faire damer le pion par l'allemande Siemens pour l'attribution d'un contrat de 1 milliard $ par Via Rail visant à renouveler son parc de locomotives et de voitures pour le corridor ferroviaire entre Québec et Windsor, en Ontario.

Cet appel d'offres ne contenait aucune exigence de contenu local.

À la fin novembre, le ministre fédéral des Transports, Marc Garneau, avait expliqué que les traités de libre-échange conclus avec l'Europe et les États-Unis ne permettent pas à une société d'État comme Via Rail de favoriser Bombardier dans l'octroi de ses contrats.

En dépit de l'octroi d'une commande de 448 millions $ CAN pour 153 nouvelles voitures Azur destinées au métro de Montréal, le couperet va néanmoins tomber à La Pocatière, où une centaine d'employés ont commencé à être mis à pied.

D'ici la fin février, l'usine devrait compter environ 500 salariés.

La commande pour les voitures Azur, une prolongation du contrat initialement octroyé en 2010, comprend un seul minimal de contenu local de 60 %. Il s'agit probablement d'une des dernières ententes du genre.

À la Bourse de Toronto, l'action de catégorie B de Bombardier a clôturé à 2,18 $, en hausse de huit cents, ou 3,81 %.