Une grève d’une semaine a été déclenchée dans une dizaine de résidences.

Grève d’une semaine dans dix résidences pour aînés, dont le Manoir Champlain

Les employés de services du Manoir Champlain, une résidence privée pour aînés de Chicoutimi, sont en grève, à 80% de leur tâche, depuis dimanche pour une durée d’une semaine. La question de la rémunération achoppe dans les négociations entre les travailleurs syndiqués et l’employeur.

Les grévistes du Manoir Champlain participent à un mouvement qui touche plusieurs régions du Québec. Un millier de travailleurs de huit autres résidences privées pour aînés sont en grève pour une semaine et une dixième emboîtera le pas pour trois jours le 18 juillet prochain.

Les revendications de ce conflit tournent autour du salaire, une question qui crée une impasse dans les négociations, raconte la présidente du Syndicat québécois des employées et employés de service (SQEES-FTQ), Sylvie Nelson.

« Les gens gagnent des salaires dérisoires présentement. On demande 15 dollars de l’heure à l’entrée, et après ça une augmentation de un dollar de l’heure par année pour les trois prochaines années », explique-t-elle.

Pour les employés du Manoir Champlain, il s’agit de la deuxième grève en moins de deux mois. Ils ont débrayé pour une période de trois jours à la fin de mai. Annie Potvin, conseillère syndicale régionale pour la SQEES-FTQ, affirme qu’une vingtaine d’employés ont démissionné depuis. 

« Avec les vacances qui s’en viennent, on se dirige vers une pénurie de main-d’oeuvre, qui était déjà existante, même avant [ces démissions] », explique-t-elle, devant ses collègues de travail qui manifeste, sur la rue Jacques-Cartier.

Mme Potvin précise que le recrutement et la rétention du personnel sont très difficiles. « Un salaire d’entrée à 13,07 $ de l’heure ça n’aide pas, quand le salaire minimum est de 12,50 $. Ce qu’il y a de spécifique en plus au Champlain c’est que les primes ne s’additionnent pas. Quelqu’un qui travaille de soir, la fin de semaine n’en reçoit qu’une. »

Pression

Pour les sept prochains jours, les employés de résidences privés effectueront en moyenne 80 % de leur tâche. Le Tribunal administratif du travail a dernièrement tranché qu’environ 20 % de leur temps était consacré à des services non essentiels. On a demandé aux employés de cuisine, par exemple, de ne plus remplir de salières et de ne plus servir le dessert aux personnes autonomes, laissant ces dernières aller le chercher elles-mêmes.

Les dix résidences dont les employés sont en grève sont la propriété de six groupes différents. Chartwell en possède cependant quatre du lot.

Une demande d’entrevue auprès des propriétaires du groupe est d’ailleurs restée sans réponse, dimanche.

Grève illimitée

Le SQEES-FTQ détient un mandat de grève illimité qui pourrait être exécuté à l’automne, selon Sylvie Nelson.

« On a donné la chance à la négociation. L’employeur n’a pas négocié de bonne foi. On a un mandat dans nos poches et on va s’en servir si les employeurs ne comprennent pas le bon sens », lance-t-elle.

Le conflit de travail touche des établissements de Québec (Appartement de Bordeaux), Gatineau (Domaine Notre-Dame) ou encore de Lévis (Résidence Jazz, en grève à partir du 18). Les autres résidences en grève se trouvent dans la région métropolitaine.