Pendant deux heures, Francis Cabrel a pigé dans ses nombreux albums, sans oublier ses grands succès, chantés avec le public.

Francis Cabrel: plus que «pas mal»

CRITIQUE / Trois ans ont passé depuis le dernier passage de Francis Cabrel dans la capitale, mais à en juger par l’accueil reçu mercredi soir, au Grand Théâtre, l’attente semble avoir paru une éternité pour ses nombreux fans. Le populaire chanteur en a profité pour sortir le grand jeu en guise de remerciements, revisitant 40 ans de carrière à travers ses plus grands succès, au fil d’un spectacle d’une qualité irréprochable.

«C’est affreux comme le temps passe...», a glissé le chanteur aux 25 millions d’albums vendus, dans une forme splendide. Le public de ses débuts lui est toujours aussi fidèle, l’ovationnant dès son arrivée sur scène. Seul à la guitare, dans un rayon de lumière, il a alors livré coup sur coup Les murs de poussière, L’encre de tes yeux et Octobre.

Ses quatre musiciens, tous plus aguerris les uns que les autres, Freddy Koella, Nicolas Fiszman, Alexandre Leauthaud et Denis Benarrosh, sont par la suite venus le rejoindre, dans un concert où la voix de l’artiste se mariait à la perfection avec les harmonies de guitare, de violon, de contrebasse, de piano, de batterie, de mandoline et d’accordéon, le tout dans des éclairages du plus bel effet.

Cabrel n’est pas le plus loquace des chanteurs. Il en est le premier conscient et a joué avec dérision tout au long de la soirée sur ce trait de caractère. «C’est pas mal...», s’est-il plu à répéter entre deux chansons. Le public, sous le charme tout au long de la soirée, semblait penser que c’était beaucoup mieux que ce qu’il en pensait...

Chanter à l’unisson

Pendant deux heures, l’auteur-compositeur-interprète a pigé allègrement dans plusieurs de ses albums, principalement Un samedi soir sur la Terre et Des roses et des orties. De Petite Marie (1977) à Rosie (1989), en passant par le toujours magnifique Je t’aimais, je t’aime et je t’aimerai (1994), celle-ci accueillie dans un silence religieux, Cabrel a encouragé à plusieurs reprises le public à reprendre les paroles à l’unisson. De beaux moments.

«Wouais, c’est quand même pas rigolo tout ça», a-t-il lancé à un certain moment, proposant un morceau plus léger, écrit il y a deux ans, Des montagnes de tout, récit d’une «petite guerre pour un mot de travers» au sein d’un couple.

Le chanteur de 65 ans a livré au total plus d’une vingtaine de compositions — Sarbacane, Encore et encore, La corrida pour n’en nommer que quelques-unes — y allant à l’occasion de quelques légers déhanchements, sa marque de commerce, accueillis comme toujours avec enthousiasme.

Le rappel fut le prétexte à une autre belle communion avec le public, avec l’incontournable Je l’aime à mourir et, sur un air plus entraînant, La dame de Haute-Savoie.

Pas mal, mais alors vraiment pas mal du tout...

Francis Cabrel présente à nouveau son spectacle jeudi et vendredi, à 20h, à la salle Louis-Fréchette du Grand Théâtre. Il sera de retour au même endroit, les 18 et 19 juin 2020.