À l’Université Laval, les préoccupations sécuritaires par rapport aux infractions sexuelles ont augmenté ces dernières années à la suite de deux crimes de cette nature.

Formation pour déceler la prostitution dans les résidences de l’UL

Des employés de l’Université Laval seront formés pour déceler la prostitution dans les chambres des résidences louées le printemps et l’été.

À la fin mai, une vingtaine de membres du personnel des résidences et du service de sécurité de l’UL participeront à une formation donnée par le Service de police de la Ville de Québec (SPVQ).

Nous «avons décidé d’outiller le personnel de supervision qui travaille avec les usagers des résidences hôtelières pour identifier les situations à risque en matière de prostitution», a confirmé la rectrice de l’Université Laval, Sophie D’Amours, dans une déclaration officielle, jeudi.

Aucun cas de prostitution dans les résidences de l’université n’a été signalé à la direction, indique le vice-recteur à l’administration de l’Université Laval, André Darveau. «On est vraiment en mode préventif.»

La session d’hiver terminée, les résidences ont maintenant 800 chambres disponibles à la location de courte durée, notamment pour les touristes. Cette période d’hôtellerie dure durant le printemps et l’été. 

Comme la prostitution touche le monde de l’hôtellerie, l’UL a voulu outiller des employés pour la repérer. «On veut un campus qui soit exempt de toute violence à caractère sexuel», dit M. Darveau. 

Le Service de police de la Ville de Québec a déjà donné la formation offerte à l’Université Laval dans des hôtels de la capitale. Les enquêteurs qui la dispensent enseignent entre autres à observer les signes qui indiquent que des activités de prostitution sont en cours. 

«Ils vont leur dire par exemple d’observer s’il y a beaucoup d’allées et venues dans la même chambre. Est-ce que c’est toujours les mêmes personnes qui se présentent? Est-ce que c’est loué à la journée?» illustre Mélissa Cliche, porte-parole du SPVQ. 

Préoccupations de sécurité

À l’Université Laval, les préoccupations sécuritaires par rapport aux infractions sexuelles ont augmenté ces dernières années à la suite de deux crimes de cette nature. 

À l’automne 2016, Thierno-Oury Barry, 21 ans, s’était introduit dans les chambres de plusieurs femmes résidant au pavillon Parent. Il avait plaidé coupable à quatre introductions par effraction avec agression sexuelle et quatre introductions par effraction commises avec l’intention de commettre une agression sexuelle. Début mars, il a été condamné à trois ans de prison. 

En novembre 2017, un homme de 63 ans s’est fait pincer par des témoins à capter des images dans le vestiaire pour hommes du PEPS. Le sexagénaire avait été arrêté pour voyeurisme.

Récemment, un rapport révélait aussi que 40 % des étudiants ayant participé à une vaste enquête rapportaient avoir vécu un geste de violence sexuelle depuis leur arrivée à l’UL. 

Depuis l’automne 2017, un groupe de travail révise les mesures que l’Université met en place afin de prévenir et contrer les violences à caractère sexuel et les rendre plus efficaces.

Des travaux d’installation de systèmes de contrôle d’accès électroniques aux résidences des pavillons Alphonse-Marie-Parent, incluant les portes extérieures, intérieures et les ascenseurs, ainsi que les travaux d’installation des caméras de surveillance dans les aires communes ont notamment été effectués. 

Les mêmes travaux sont en cours au pavillon Ernest-Lemieux et seront réalisés pour la rentrée 2018 aux pavillons H.-Biermans-L.-Moraud et Agathe-Lacerte.