Lorsqu’un patient consulte un médecin spécialiste, il fallait souvent plusieurs semaines avant que l’information se rende jusqu’au médecin de famille. Maintenant, la transition par voie électronique se fait en moins de 24 heures.

Fini les copies papier de dossiers médicaux au CHUS

Il y a un an que le CIUSSS de l’Estrie-CHUS a doté ses deux hôpitaux universitaires d’une plateforme de données sécurisées pour le partage de données administratives et cliniques des patients – un dossier médical électronique (DMÉ) en d’autres mots – afin de permettre l’échange de données entre les cliniques médicales où exercent les médecins de famille et les hôpitaux où travaillent plutôt les spécialistes.

L’impact pour les médecins est grand, surtout pour les médecins de famille.

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Maintenant, grâce au dossier médical électronique (DMÉ), le sommaire de soins après une hospitalisation ou les rapports des médecins spécialistes peuvent être consultés en moins de 24 heures. Avant, il fallait de trois à quatre semaines.

« Nous pouvons rapidement voir les rapports des spécialistes et nous pouvons voir les changements qui ont été apportés à la médication. Quand ils nous font des recommandations, nous recevons le rapport le lendemain et nous pouvons agir tout de suite… au lieu de recevoir le rapport dans trois ou quatre semaines! » explique le médecin de famille François Roy.

Pour les médecins spécialistes, l’accès au dossier des patients à la clinique est plus limité pour le moment, car les médecins utilisent le dossier clinique informatisé (DCI) de l’hôpital pour travailler (nommé Ariane), et non pas le DMÉ utilisé dans les cliniques.

« Quand je travaille à l’hôpital, 85 % de mon information est dans le DCI. Pour avoir accès au DMÉ, je devrais travailler sur un autre ordinateur. Ce n’est pas parfait, mais on s’améliore tranquillement », assure le Dr Simon Bérubé, cardiologue au CIUSSS de l’Estrie-CHUS.

Fini la copie carbone par la poste

Prenons un exemple pour illustrer le tout. Un patient se rend à la salle d’urgence de l’Hôpital Fleurimont en pleine nuit avec des douleurs à la poitrine. Il est alors pris en charge et subit plusieurs examens. À la fin de l’épisode de soins, un médecin rédige un sommaire sur une feuille qui comprend trois copies séparées par du papier carbone.

Que se passait-il avant? Le document était envoyé aux archives, numérisé et archivé dans le dossier électronique du patient à l’hôpital. La « feuille jaune », la troisième copie de ce document, était quant à elle envoyée par la poste à la clinique du patient pour que le document (beaucoup moins visible que la première page) soit de nouveau numérisé et joint au dossier numérique du patient. Et entre ces deux étapes, plusieurs semaines pouvaient se passer. Appelé à faire des suivis auprès de ses patients, le médecin de famille avait alors en mains bien peu d’informations pour bien traiter son patient.

Maintenant, grâce au dossier clinique, le sommaire de soins ou les rapports de spécialistes peuvent être consultés en moins de 24 heures.

Fini la poste, fini la troisième copie carbone, fini la double numérisation.

« On estime que l’on envoyait 500 000 documents par année. Imaginez les coûts, tant pour la manipulation que pour les timbres », soutient Philippe Préville, directeur adjoint, développement et innovation, à la direction des ressources informationnelles et des technologies au CIUSSS de l’Estrie-CHUS.

D’ici l’été prochain, l’objectif d’éliminer 100 % des envois par la poste devrait être atteint.

« Du côté informatique, nous sommes prêts pour le 100 % maintenant, mais les cliniques doivent uniformiser leurs processus », nuance-t-il.

« C’est une gestion de changement clinique. Mais c’est en branle, c’est une volonté ferme d’en arriver au 100 % », ajoute M. Préville.