«Les canaux de communication sont toujours en place avec le gouvernement fédéral», assure l'attachée de presse du ministre québécois des Transports François Bonnardel.

Financement du tramway: Québec et Ottawa négocient toujours

Même s’ils continuent de se renvoyer la balle sur la place publique, les gouvernements de Québec et d’Ottawa n’ont pas coupé les ponts entre eux et négocient en privé afin de trouver une solution au financement du tramway à Québec.

François-Philippe Champagne, ministre fédéral de l’Infrastructure, est «en constant contact avec M. Bonnardel et M. Labeaume», indique son attachée de presse Ann-Clara Vaillancourt.

«Les canaux de communication sont toujours en place avec le gouvernement fédéral», assure quant à elle Sarah Bigras, attachée de presse du ministre québécois des Transports François Bonnardel.

À Ottawa, on persiste à dire que «l’argent est sur la table pour ce projet-là» et que le gouvernement du Québec n’a qu’à décider dans quelle enveloppe il pigera pour le financer. 

«On veut pas se chicaner, on veut la donner l’argent et faire avancer les projets», indique Mme Vaillancourt.

Le gouvernement de la CAQ refuse de prendre le 800 millions $ manquant du fédéral dans l’enveloppe de 1,8 milliard $ consacrée aux infrastructures vertes, parce que celle-ci se retrouverait ainsi trop dégarnie pour pouvoir répondre aux projets verts d’autres villes québécoises.

Mme Vaillancourt fait valoir qu’ailleurs au pays, les gouvernements de l’Ontario et de l’Alberta ont accepté de piger dans ce fonds consacré aux infrastructures vertes pour financer les projets de transport en commun des villes d’Ottawa et de Calgary. Elle ne comprend pas pourquoi le Québec ne pourrait pas faire la même chose.

«Nous sommes toujours confiants d’en arriver à une entente avec le gouvernement fédéral afin de s’assurer de sa participation au projet. Mais on ne négociera pas sur la place publique», a répliqué Mme Bigras, au cabinet du ministre Bonnardel.

60 % du projet

Elle rappelle que le gouvernement du Québec paiera 60 % du projet de transport structurant de Québec, soit 1,8 milliard $. «On demande au gouvernement fédéral de confirmer sa participation de 1,2 milliard $.»

Mme Bigras n’a pas voulu dire si une ou plusieurs des solutions de financement proposées par le maire de Québec, Régis Labeaume, en conférence de presse jeudi, sont envisageables pour son gouvernement. Le maire se montre de plus en plus inquiet de ne pas obtenir l’argent nécessaire à la concrétisation du projet, qui doit être livré en 2026.

Impossible également de savoir quelle somme la CAQ prévoit sécuriser pour le tramway de Québec dans son prochain budget, qui sera déposé le 21 mars.

L’an dernier, le gouvernement libéral de Philippe Couillard avait mis de côté 1 milliard $ pour la construction du projet structurant dans son Plan québécois des infrastructures.

À Ottawa comme à Québec, toutefois, on précise qu’il n’est pas nécessaire d’attendre le dépôt des budgets fédéral et provincial pour arriver à une entente qui débloquerait des fonds pour le tramway. Cette entente pourrait très bien survenir avant ou après le dépôt des budgets.