Guillaume Paradis

Ferme à partager

Dans l’objectif d’alléger ses semaines de travail frôlant les 80 heures et d’offrir l’occasion à une personne d’accéder à une entreprise agricole, un producteur laitier de Normandin, Guillaume Paradis, recherche un associé. Le partenariat d’affaires qu’il a élaboré permettra à une personne de devenir actionnaire, sans mise de fonds, de la ferme du rang Saint-Cyrille.

Pour arriver à ses fins, l’ingénieur de formation mijote depuis quelques années un modèle d’affaires novateur approuvé par des spécialistes. « C’est une formule facile. Ça passe par un échange de temps. C’est la versatilité », explique Guillaume Paradis.

La façon de faire peut sembler surprenante puisque le propriétaire de la ferme d’environ 110 bêtes a développé cette occasion d’affaires qui est réalisable sans mise de fonds. « Les gens ont bien de la volonté, mais n’ont pas toujours de fonds », souligne M. Paradis, qui résume son idée à « partir à zéro sur des bases qui existent déjà ».

Guillaume Paradis pose en compagnie de ses deux employées, Rozanne Arseneault et Émilie Ménard.

Concrètement, il propose une entente relativement simple. Après une période d’essai d’un an, l’employé aura l’occasion de devenir actionnaire. Un partage des revenus sera fait au prorata du temps travaillé. L’agriculteur promet une grande flexibilité quant à son partenariat.

À travers son modèle unique, M. Paradis propose un partage de travail et de gestion sur une période de huit mois. Ainsi, le futur actionnaire pourrait bénéficier d’une libération allant jusqu’à quatre mois pendant la saison hivernale qui s’étire. En revanche, la saison des foins et les autres tâches prévues le reste de l’année ne permettent pas d’absence prolongée de la ferme. Le producteur laitier voit la période de libération comme une occasion de profiter de la vie ou simplement de se consacrer à un autre projet.

Le propriétaire de la Ferme Marlise présente, selon lui, une certaine solution aux problèmes découlant de la gestion de la main-d’œuvre. Il confirme que les employés qui travaillent de longues heures à la ferme sont, de manière générale, à la recherche de plus. Ils souhaitent développer un plus grand sentiment d’appartenance envers les bêtes et l’entreprise.

Guillaume Paradis, le propriétaire de la Ferme Marlise, présente, selon lui, une certaine solution aux problèmes découlant de la gestion de la main-d’oeuvre.

Celui qui a acheté la ferme familiale il y a près de trois ans tient à se faire rassurant. L’épuisement professionnel, l’isolement ou la dépression ne le guettent pas. Toutefois, il ne se cache pas de l’exigence du métier. « C’est un mode de vie et il y a justement bien des personnes qui ne viennent pas en agriculture à cause du mode de vie. Les gens aimeraient ça pouvoir sortir leur famille, aussi. C’est du sept jours sur sept. Souvent, les gens disent que la septième journée est de trop », explique M. Paradis.

Guillaume Paradis reconnaît la difficulté et le coût d’acquisition d’une entreprise agricole. Né sur une ferme, il ne cache pas sa chance. « C’est une loterie d’être né sur une terre », dit-il. Son projet vise justement à donner cette chance à une autre personne.

L’ingénieur rural de formation consacrera les prochains mois à un projet d’amélioration de la ferme visant à faciliter le travail ainsi que l’amélioration du confort des vaches.

Celui qui dédie près de 80 heures par semaine à l’entreprise aspire au meilleur des deux mondes, soit de vivre de la terre et avoir du temps. « Le “patern” est souvent le même. Tu fais ta vie là-dessus. Rendu à 60 ans, tu vends et tu encaisses. Tu te retrouves avec beaucoup d’argent et de temps. Au lieu d’avoir plein de temps à 60 ans et d’encaisser, j’ai décidé d’encaisser moins à 60 ans et de l’égrainer tout au long de ma vie », conclut M. Paradis.