Félix Pagé est reconnu coupable d’avoir tué Roland Baker.

Félix Pagé reconnu coupable d’avoir tué Roland Baker

Félix Pagé a été reconnu coupable d’avoir tué Roland Baker et de l’avoir démembré en mai 2017 à Drummondville.

Au début de la quatrième journée de délibérations au palais de justice de Drummondville, la présidente du jury s’est levée pour rendre le verdict de culpabilité sur le meurtre au deuxième degré de Roland Baker et sur l’outrage à son cadavre.

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L’individu de 25 ans a été reconnu coupable d’avoir tué l’homme de 60 ans dans son logement de la rue Plamondon le 22 mai 2017. 

Le juge Alexandre Boucher de la Cour supérieure a entériné le verdict sur lequel le jury s’est entendu hors de tout doute raisonnable, jeudi, au palais de justice de Drummondville.

Ce verdict fait en sorte que Pagé sera condamné à une peine de prison à vie sans possibilité de libération conditionnelle avant au moins 10 ans. Reste maintenant à savoir si cette période avant l’admissibilité à une libération conditionnelle s’étirera jusqu’au maximum de 25 ans prévu par le Code criminel.

« Je dois analyser cette question au cours des prochains jours. Nous ferons part de nos observations au juge la semaine prochaine », a signalé la procureure aux poursuites criminelles, Me Magali Bernier. 

Sans qu’il soit possible de spéculer sur les discussions confidentielles du jury, le verdict permet d’inférer qu’ils ont conclu à partir de la preuve circonstancielle que c’est Félix Pagé qui a tué Roland Baker à coups de couteau avant de le démembrer et de le placer dans le réfrigérateur.

La poursuite avait plaidé que le mobile du crime était que Félix Pagé voulait obtenir le véhicule de Roland Baker afin d’aller chercher sa conjointe près de Repentigny.

Il ressortait de la preuve que le profil génétique de l’accusé a été retrouvé près des objets ayant servi à démembrer Roland Baker.

La preuve a démontré qu’il y avait eu du nettoyage de sang à plusieurs endroits dans le logement de la victime et que du sang dilué a été retrouvé. 

Pagé a tenté de camoufler le crime en lavant ses vêtements souillés de sang et en effectuant des travaux de démolition dans le logement de Roland Baker.

Il a voulu rapidement se débarrasser des matériaux de construction et il lui a envoyé des messages textes après sa mort pour faire croire qu’il communiquait avec lui pour conclure le prétendu contrat de démolition.

La victime Roland Baker

Me Bernier avait insisté en plaidoirie sur le fait que le sang de Roland Baker a été retrouvé sur les bottes de Félix Pagé et à l’intérieur de celles-ci sur les lieux du crime. Elle a rappelé que des projections de sang ont été relevées dans la cage d’escalier du logement de Roland Baker. Elle a soumis au jury, à partir de la preuve présentée, qu’une couverture ensanglantée qui contenait des vêtements, un pot avec une plante, un bâton de baseball et une scie ont été retrouvés dans le sous-sol de la victime.

La preuve révélait aussi que la perceuse de Félix Pagé avait servi à poser la vis qui retenait la porte du réfrigérateur où le corps de la victime avait été placé. Des empreintes de Pagé ont été retrouvées sur le réfrigérateur.

« Il est difficile d’expliquer la durée de la délibération. La seule chose que l’on peut déduire demeure qu’ils ont retenu les conclusions de la preuve circonstancielle étant donné le verdict de culpabilité », explique Me Bernier.

Félix Pagé s’est défendu seul lors de ce procès qui s’est entamé le 7 janvier dernier au palais de justice de Drummondville.

Il avait conclu sa plaidoirie avec l’affirmation selon laquelle il avait toujours eu des « E » lors des exposés oraux à l’école.

Le résultat de son exposé devant le jury le privera de sa liberté à perpétuité.

Le 13 février prochain, il devra aussi faire ses observations sur la peine concernant le temps qu’il devra être incarcéré avant de pouvoir faire une demande à la Commission des libérations conditionnelles du Canada.

La procureure aux poursuites criminelles Me Magali Bernier.