L’enquêteur du SPS Vincent Fontaine et la procureure aux poursuites criminelles Me Marie-Ève Phaneuf

Étienne Lavoie : « Un manipulateur et un menteur »

« C’est armé de son intelligence, de son expérience et de sa formation qu’il a été en mesure de commettre les crimes qu’on lui reproche. »

La poursuite s’oppose fermement à la remise en liberté sous conditions du psychologue sherbrookois Étienne Lavoie qui est accusé de proxénétisme et de divers autres crimes à caractère sexuel sur trois victimes alléguées.

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Six autres plaignantes se sont manifestées depuis le dépôt des accusations à la mi-février.

L’homme de 47 ans saura, vendredi, s’il pourra reprendre sa liberté.

L’enquête sur remise en liberté d’Étienne Lavoie s’est terminée, jeudi, au palais de justice de Sherbrooke devant le juge Conrad Chapdelaine de la Cour du Québec.

La procureure aux poursuites criminelles Me Marie-Ève Phaneuf a mentionné qu’il y avait un renversement de fardeau de la preuve ce qui fait en sorte que c’est à l’accusé de démontrer qu’il ne représente pas un danger s’il est remis en liberté.

Si elle s’oppose pour tous les motifs présents dans le Code criminel, c’est particulièrement pour la sécurité des victimes alléguées, des nouvelles plaignantes, des témoins et du public que Me Phaneuf a plaidé que l’accusé doit rester détenu.

Étienne Lavoie

« Les plaignantes ont peur de lui.  »
Me Marie-Ève Phaneuf

Violence

« L’exploitation de personnes vulnérables caractérise chacune des accusations. Les trois victimes mentionnent qu’il utilisait ses habiletés pour les mettre en confiance et qu’il changeait rapidement d’attitude particulièrement pour les dominer. La violence va bien au-delà de celle intrinsèque aux accusations. Il y avait de la violence tant physique que psychologique », estime Me Phaneuf.

La poursuite rappelle que le degré de participation de l’accusé aux accusations est entier et que la preuve démontre qu’il consommait des drogues dures de façon quasi quotidienne.

« Monsieur Lavoie n’est pas une pauvre victime sans ressource et avec une intelligence limitée. Monsieur a une formation, une compréhension de la nature humaine et une compréhension des ravages de la drogue et de la prostitution. Vous avez affaire à un manipulateur et un menteur. Il manque de respect totalement envers les règles. Il n’a pas respecté sa promesse après sa première arrestation. C’est quelqu’un qui témoigne d’un manque de respect envers autrui et la société », estime Me Phaneuf.

Elle rappelle que Lavoie persiste à dénigrer et à mépriser les victimes.

L’avocat de la défense Me Christian Raymond

« Les plaignantes ont peur de lui. Au-delà d’elles, il y en a six nouvelles et les témoins. Ce sont des gens qui désirent des interdits de contacts et qui gardent des craintes envers Étienne Lavoie. Le danger n’est pas amoindri s’il est en liberté et se rend au centre Jean-Patrice Chiasson. Les clientèles présentent les mêmes vulnérabilités que les victimes et toutes les femmes que M. Lavoie a exploitées. Sa formation et son expérience représentent un danger pour la clientèle vulnérable », a plaidé Me Marie-Ève Phaneuf.

De nouvelles informations ont été divulguées jeudi matin au Service de police de Sherbrooke concernant la consommation de stupéfiants de l’accusé.

Une personne au fait de la consommation de stupéfiants de Lavoie conteste la durée de 15 ans selon laquelle il serait resté sobre.

Lavoie, défendu par Me Christian Raymond, aurait fait trois victimes, des femmes majeures et vulnérables, entre janvier 2018 et février 2019, et certains crimes auraient été commis sur son lieu de travail.

La semaine dernière, Lavoie a été suspendu par l’Ordre des psychologues du Québec. Cette suspension renouvelable est effective pour une durée de 120 jours. 

Il possède des antécédents judiciaires en matière de vol, menaces, entrave au travail des policiers et possession de crack. Il avait été condamné à 26 jours de prison à purger les fins de semaine en février 2018.