Patrick Guay, président par intérim du Syndicat des professionnelles en soins de l’Outaouais (SPSO).

Engorgement des urgences: des conséquences jusque dans les CHSLD

L’engorgement des salles d’urgence et des différentes unités des hôpitaux de Hull et de Gatineau n’est pas sans conséquence pour les patients en attente de soins de longue durée. Le Droit a appris qu’un patient a dû se contenter d’une salle « multifonctionnelle » en guise de chambre, mercredi, au centre d’hébergement La Pietà.

Le Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO) a confirmé par écrit qu’un patient admis mercredi matin au troisième étage du centre d’hébergement et de soins de longue durée (CHSLD) La Pietà a été temporairement « placé dans une salle qui est multifonctionnelle, qui sert parfois de salle de réunion ou de chambre pour les patients transitoires ».

Un autre patient occupe aussi ce que le CISSSO appelle une « salle transitoire » dans un autre CHSLD de la région, a fait savoir l’organisation.

Cette façon de faire permet de libérer des places de courte durée à l’hôpital afin de diminuer « la pression sur les urgences », où de nombreux patients sont en attente d’une place aux étages.

Mercredi matin, un total de 45 patients répartis dans les urgences des hôpitaux de Hull et de Gatineau étaient en attente d’hospitalisation.

Au même moment, le taux d’occupation des civières était de 193 % à l’urgence de Gatineau et de 172 % à celle de Hull. Pendant ce temps, une cinquantaine de patients de ces deux hôpitaux occupaient un lit de courte durée en attendant une place dans une ressource mieux adaptée à leurs besoins.

« Épeurant »

Selon nos informations, le local multifonctionnel de La Pietà où un patient a été installé est appelé « salle de rapport » et sert à des rencontres pour le personnel du CHSLD de la rue Laurier. Une personne bien au fait de la situation a indiqué au Droit que le local n’a ni lavabo, ni armoire, ni bureau, et qu’une chaise pliante y remplace le fauteuil normalement installé dans les chambres des résidents.

Invité à réagir, le président par intérim du Syndicat des professionnelles en soins de l’Outaouais (SPSO), Patrick Guay, souligne qu’en temps normal, les chambres des CHSLD permettent aux résidents de bouger. « C’est leur chambre comme s’ils étaient à la maison », explique-t-il.

M. Guay se souvient qu’au CHSLD Vallée-de-la-Lièvre, une salle commune servant entre autres à des parties de bingo a déjà été utilisée pour y installer trois ou quatre patients, faute d’espace ailleurs dans l’établissement. « Habituellement, on voit ça l’hiver dans les périodes de grippe. C’est ça qui est épeurant, parce que là, on n’est pas dans la période de la grippe. »

La porte-parole du CISSSO, Marie-Pier Després, assure pour sa part que la salle multifonctionnelle du troisième étage du CHSLD La Pietà « est adaptée » aux besoins du patient qui s’y trouve. « Les tables et chaises sont toutes retirées le cas échéant et l’endroit est adéquat, dit-elle. Les soins et les services lui sont desservis tout en sécurité, le temps que ce dernier obtienne une place en hébergement. »

Au SPSO, Patrick Guay souligne de son côté que les patients peuvent être ébranlés lorsqu’ils font leur entrée dans un CHSLD sans y obtenir de vraie chambre. « En plus, c’est temporaire, dit-il. Ils vont devoir vivre un deuxième déménagement.

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Entente entre le CISSSO et le SPSO

Au terme d’une longue rencontre qui a duré près de 9 heures, les cadres du Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO) et le Syndicat des professionnelles en soins de l’Outaouais (SPSO) en sont finalement venus à une entente.

L’entente est survenue avec les conciliatrices du Tribunal administratif du travail (TAT). Les partis n’ont donc pas eu recours à un juge pour régler leur litige. Le président par intérim du SPSO, Patrick Guay, a indiqué au Droit que les détails de l’entente ne sont toujours pas connus, mais qu’il y a raison d’être «positif».

Cet accord s’inscrit dans un contexte plutôt tendu entre le CISSSO et ses professionnelles en soins alors que deux sit-in ont eu lieu à l’urgence de l’Hôpital de Gatineau plus tôt cette semaine, pendant qu’une cinquantaine de patients y occupaient des civières.

Des infirmières estimaient alors ne pas être assez nombreuses pour offrir les soins nécessaires aux patients.

Une infirmière s’était confiée au Droit mardi, évoquant qu’une cadre du CISSSO avait menacé certaines infirmières de sanctions si elles n’acceptaient pas de faire des heures supplémentaires obligatoires.