La femme de 51 ans aurait commis ses crimes entre 1999 et 2005.

Elle abuse de deux ados

La Chicoutimienne Nicole Lavoie pourrait se retrouver dans une cellule du pénitencier, dans les mois à venir, après avoir plaidé coupable à cinq chefs d’accusation de nature sexuelle sur deux adolescents, entre 1999 et 2005.

La femme de 51 ans a enregistré les plaidoyers, lundi, devant le juge Michel Boudreault, de la Cour du Québec.

Elle a reconnu avoir touché une partie du corps d’une adolescente et d’un jeune garçon de moins de 16 ans, de les avoir incité à la toucher, de l’avoir fait en situation d’autorité ou de confiance, de production de pornographie juvénile et de voies de fait sur un policier lors de son arrestation.

Me Mélanie Paré, du bureau du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), et Me Nicolas Gagnon, de l’Aide juridique, dévoileront la preuve obtenue dans cette affaire et présenteront les plaidoiries sur la peine, vendredi, au Palais de justice de Chicoutimi.

Le criminaliste entend demander une peine de détention en société, alors que la représentante du ministère public a déjà fait valoir qu’elle demandera une sentence de pénitencier, soit de plus de deux ans.

Il faut savoir qu’aucune peine minimale de détention n’était alors prévue pour les événements survenus avant le 1er novembre 2005 – les accusations se sont arrêtées au 31 octobre 2005.

Si Lavoie a été accusée, c’est en partie dû au hasard. C’est une tierce personne qui a découvert une boîte remplie de CD de photos. Croyant qu’il s’agissait d’images de ses proches, il a commencé à les visionner.

« C’est là que cette personne a découvert les images explicites sur les CD. On y voyait l’accusée nue, de même que les victimes. Les CD ont été remis à la Sûreté du Québec, qui a enquêté sur cette histoire », a précisé Me Paré.

Tout au long du résumé des faits, l’accusée avait le regard ailleurs, jetant régulièrement un coup d’œil vers l’extérieur de la salle d’audience.

Sans antécédent

La femme sans antécédent judiciaire n’avait donc jamais fait l’objet de plaintes de la part des deux victimes, jusqu’à la découverte des photos compromettantes.

Les victimes de cette sordide histoire n’ont pas l’intention de se présenter au tribunal pour témoigner.

L’adolescente de l’époque devrait rédiger une déclaration de victime, alors que le jeune homme, de son côté, n’a jamais voulu porter plainte, car il ne veut pas revivre cette affaire.

« Mais les photographies retrouvées sont la preuve qu’il y a bien eu deux victimes. Nous n’avions pas besoin du témoignage de la seconde victime pour aller de l’avant », précise la procureure de la Couronne.

« Il faut comprendre que ce n’est vraiment pas facile pour les victimes de se replonger dans cette histoire. Elles ont refait leur vie et une des victimes n’en avait jamais même parlé à la personne qui partage sa vie actuellement », a indiqué Me Paré.

À la conclusion des plaidoiries sur la peine, il est fort probable que le tribunal demandera la confection d’un rapport présentenciel afin de mieux connaître l’accusée et de voir si ses actes du passé peuvent se reproduire.

Le juge évaluera aussi la possibilité de demander la confection d’une évaluation sexologique en lien avec toute cette affaire.