Interrogée sur ce qui s’était passé après qu’elle a porté plainte en février 2018 pour les événements dont elle aurait été victime un an plus tôt à l’âge de 15 ans, l’adolescente a mentionné qu’elle avait été informée par les policiers que Blessing Dugbeh était porteur du VIH.

Dugbeh était porteur du VIH lors de l’agression sexuelle

Blessing Dugbeh était porteur du VIH lorsqu’il aurait été impliqué dans l’agression sexuelle en groupe de février 2017 dont il est accusé à Sherbrooke.

Après l’audition de la déclaration qu’elle a faite aux enquêteurs du Service de police de Sherbrooke, la plaignante de 17 ans a effleuré brièvement cet élément.

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Le procès de Blessing Dugbeh pour l’agression sexuelle en groupe de cette adolescente s’est poursuivi, mardi, devant la juge Claire Desgens de la Cour du Québec au palais de justice de Sherbrooke.

Interrogée sur ce qui s’était passé après qu’elle a porté plainte en février 2018 pour les événements dont elle aurait été victime un an plus tôt à l’âge de 15 ans, l’adolescente a mentionné qu’elle avait été informée par les policiers de l’état de santé de l’un de ceux qu’elle identifiait comme agresseur.

« L’enquêteur m’a dit que Bless avait le VIH », a témoigné la plaignante qui a affirmé qu’elle n’était pas au courant de la maladie de Blessing Dugbeh avant de porter plainte dans cette affaire.

Une dizaine de parents et amis de l'accusé assistent au procès de l’individu de 21 ans qui est détenu depuis près d’une année à la suite de la vague d’arrestations relativement à des agressions sexuelles en groupe commises à Sherbrooke à l’hiver 2017.

La déclaration vidéo réalisée au Service de police de Sherbrooke par la victime alléguée a été déposée lors de son témoignage.

Une ordonnance de non-publication empêche d’identifier la plaignante, qui est mineure.

Une amie l’avait invité à la rejoindre chez des amis pour un « chilling » en cette soirée de février 2017.

« Les gars ont commencé à parler d’orgie. Au début, ils n’avaient pas l’air sérieux. Ils ont demandé qui était intéressé et moi j’ai dit que ça ne m’intéressait pas du tout », soutient la plaignante.

L’adolescente s’est retrouvée dans une chambre avec un adolescent qui l’intéressait. Ils se sont embrassés et ils ont eu certains contacts sexuels.

« Pendant que je lui faisais une fellation, des gens sont entrés d’une shot. Un gars a dit que personne n’entre ou personne ne sort de la chambre. Je ne voulais pas faire d’orgie. Ils s’essayaient tous sur moi pour me taponner. Un a tenté de me baisser les pantalons. Ils me touchaient les seins. Ils mettaient leur main dans mes pantalons. Ils me touchaient le vagin. Je remontais mes pantalons en disant non (...) Je voyais toutes les mains qui se baladaient sur moi en dessous mon chandail et ma brassière. Ça me faisait peur », a témoigné la plaignante qui jure avoir réitéré à plusieurs reprises qu’elle ne consentait pas à ces gestes sexuels.

Lors de son témoignage, elle a identifié certains agresseurs, dont Blessing Dugbeh.

L’accusé aurait notamment pris la tête de la victime pour la forcer à lui faire une fellation. La plaignante affirme qu’il ne portait pas de condom.

« À un moment donné, je me suis mise molle et je les ai laissés faire ce qu’ils avaient à faire. Je ne sais pas comment ils pouvaient être attirés par quelqu’un qui ne voulait pas » se questionne la victime alléguée.

Seul accusé majeur au moment des événements allégués, Blessing Dugbeh subit son procès pour toute la semaine concernant des accusations d’agression sexuelle en groupe sur une personne de moins de 16 ans, de contact sexuel sur une mineure, d’incitation à des contacts sexuels sur une mineure ainsi que de menaces de mort et de harcèlement entre février et avril 2018.

« J’ai dit non tellement de fois »

« J’ai dit non tellement de fois que ça aurait dû entrer dans leurs têtes. »

La victime alléguée de Blessing Dugbeh soutient avoir été formelle concernant son refus lorsque l’homme de 21 ans, qui avait 19 ans au moment des gestes allégués, et ses amis mineurs auraient commis une agression sexuelle en groupe à son endroit en février 2017.

Elle affirme avoir dit à Dugbeh qu’elle n’aimait pas ce qui se passait.

« Mon estime de soi qui est déjà pas haute est descendue en flèche. J’étais déçue de moi-même d’avoir fait le choix d’aller là. Il n’y a personne qui veut ça se retrouver avec huit ou neuf gars que tu ne connais pas », a affirmé la plaignante dans sa déclaration vidéo.

Cet épisode se déroulait pendant que l’amie de la victime se trouvait juste à côté d’elle. Cette dernière n’a pas porté plainte à la suite des gestes.

« Je ne bougeais plus et j’étais en petite boule. J’ai dit que je ne voulais plus (...) Quand il y a huit ou neuf gars, tu espères qu’ils arrêtent. J’avais peur qu’ils s’en prennent à moi physiquement si je les confrontais », mentionne la plaignante sur la façon dont elle a mis fin à cet épisode de viol collectif allégué.

Vie chamboulée 

La victime alléguée affirme que sa vie était chamboulée à l’époque des événements.

« Ma vie familiale, mes amis et l’école rien n’allait bien. Je sentais que je vivais contre le monde. J’avais de la misère », signale l’adolescente.

L’enquêteur Mathieu Sirois de la Sûreté du Québec a mentionné que ce dossier avait été ouvert en février 2018 à la suite d’une plainte pour des gestes qui s’étaient déroulés vraisemblablement en février 2017.

« Je n’avais pas porté plainte avant parce que je n’étais pas soutenue. Ce n’est pas facile de dénoncer. Je n’avais pas le courage de dénoncer parce que l’histoire allait devenir publique. J’ai eu de la misère à accepter que c’était arrivé (...) Pour moi c’était gros. Un ami m’a soutenu pour que je procède. Il voulait que je me protège », signale la victime alléguée.

L’adolescente affirme avoir subi des insultes sur les réseaux sociaux à la suite de sa dénonciation. Elle témoigne être mal à l’aise lorsqu’il est question de ces événements dont elle aurait été victime.

« C’est mon histoire et ça me faisait peur que n’importe qui puisse la savoir », affirme la plaignante.

Elle affirme vivre des conséquences à la suite de ces gestes allégués.

« J’ai peur des hommes. C’était comme si cette journée-là j’étais un objet. Je me sens souvent comme un objet », a mentionné la victime alléguée.

Menaces

Concernant la menace sur Snapchat d’avril 2018 où apparaissait un fusil et le message « Don’t call 9-1-1, we use », la plaignante affirme avoir vécu de l’angoisse en consultant la « story » de Blessing Dugbeh.

« J’avais peur que ça me vise parce que j’avais porté plainte. J’avais peur que quelqu’un s’en prenne à moi ou à ma famille » affirme la plaignante.

Elle n’avait pas bloqué Blessing Dugbeh de ses contacts sur les médias sociaux avant de porter plainte.