Dicaire a pris le titre des super-mi-moyens de l'IBF à Chris Namus.

Dicaire championne du monde IBF

Marie-Ève Dicaire a écrit une page d’histoire, samedi au Centre Vidéotron, en devenant la nouvelle championne du monde IBF des poids super mi-moyens féminins à la faveur d’une décision unanime contre l’Uruguayenne Chris Namus, qui tentait de défendre son titre pour la deuxième fois.

Dicaire a obtenu la faveur des juges 97-93, 96-94 et 97-93 pour signer une 14e victoire en 14 combats. Une victoire qui a plu aux amateurs, qui ont servi une grosse bise à la souriante sportive de Saint-Eustache.

«Merci à tout le monde, à mon entraîneur, à mon équipe. Mais aussi aux spectateurs qui, quand je n’avais plus de jambes, ont crié mon nom et je me suis dit que je ne pouvais pas lâcher. C’est le combat où j’ai été le plus vidée de ma carrière! Je n’avais jamais eu besoin d’un banc dans le coin, mais là, j’en ai eu de besoin. C’était aussi la première fois que je perdais plus qu’un round dans le même combat.»

«Mais mon coin m’a aidé à m’en sortir, à mettre ça derrière moi et à aller la battre dans sa game. D’habitude, tout le monde est très relaxe dans mon coin, mais entre 9e et 10e rounds, ils étaient super excités. Ils me disaient : “Marie, tu vas être championne du monde!”»

Namus (24-5, 8 K.O.), qui avait attendu 13 mois et essuyé trois refus avant de remonter dans le ring, n’avait pas l’intention de donner son titre malgré son attitude positive tout au long de la semaine. Elle a attaqué et remporté quelques rounds, mais Dicaire a répliqué coup sur coup pour ensuite terminer le combat en force sous les «Marie, Marie, Marie» de la foule.

Le 10e et dernier tour de piste a été spectaculaire au possible, les deux pugilistes levant les bras au ciel au son de la cloche. Bien avant l’annonce officielle du résultat, le coeur des amateurs battait pour Dicaire, gagnante à leurs yeux. Les juges auront vu la même chose.

«Je pensais qu’elle allait me casser le nez quand elle m’a sauté dans les bras!» rigolait son fidèle entraîneur, Stéphane Harnois. La nouvelle reine des super-mi-moyennes IBF a aussi servi un câlin à l’arbitre Albert Padulo fils, qui l’arbitre depuis ses années amateurs.

La gauchère de 32 ans a ravi la ceinture à celle qui était surnommée la «jolie assasine». Namus était championne depuis 2017 et n’aura finalement été au sommet que lors de deux combats.

«Je ne veux pas te mettre de pression Marie-Ève, mais maintenant, il faut unifier», a lancé le président du Groupe Yvon Michel, qui vivait son 60e combat de championnat du monde chez les professionnels. «C’était aussi grisant et on est aussi fiers et enthousiastes que lors de toutes les autres victoires en championnat du monde», assure l’homme d’affaires, assurant que sa protégée «aura un impact majeur sur la boxe».

Le plan du clan Dicaire a toujours été de passer des 147 lb aux 154 lb pour acquérir de l’expérience, avant d’un jour redescendre à 147 pour affronter la Norvégienne Cecilia Braekhus, reine incontestée des mi-moyennes avec les quatre ceintures en main.

«Aujourd’hui, Mari-Ève a livré la meilleure performance de sa carrière contre la meilleure adversaire de sa carrière», a résumé Michel.  Avec Olivier Bossé