Marc Robitaille en a assez. Sa bijouterie, qui a pignon sur rue à Farnham depuis 56 ans, a été dévalisée pour la deuxième fois depuis octobre.

Deuxième vol en trois mois dans une bijouterie

Le début d’année de Marc Robitaille n’est pas rose. Sa bijouterie de la rue Principale, à Farnham, a de nouveau été la proie d’un cambrioleur. Comme en octobre dernier, le voleur s’est emparé des bijoux en or.

En octobre, un cambrioleur s’était présenté en plein jour avec une arme au poing. Cette fois-ci, le suspect est entré par effraction lorsque la boutique était fermée. La valeur des bijoux volés n’a pas encore été estimée, mais ils étaient assurés en partie.

« Là, ça a été défoncé en plein jour, entre 16 h et 19 h, commente M. Robitaille, découragé, en entrevue. Il a défoncé la vitrine, il a défoncé trois comptoirs et est parti avec l’or. C’est sûrement la même personne. »

Les propriétaires s’étaient absentés durant ces trois heures. Le voleur masqué, capté par des caméras de surveillance, en a profité pour s’en mettre plein les poches. En plus des bijoux en or — il a volontairement levé le nez sur les pièces d’argent, souligne M. Robitaille —, il a mis la main sur la petite caisse, qui se trouvait dans le bureau. « Il savait où c’était. On est surveillé, ce n’est pas croyable, laisse-t-il tomber. Ça a l’air qu’on nous a adopté. C’est tellement facile écouler de l’or. Le lendemain, c’est peut-être déjà fondu. »

En 56 ans, la Bijouterie Robitaille a été la cible de 7 ou 8 vols. Normalement, une période d’environ dix ans sépare les cambriolages. Il ne croit pas que ça ira en s’améliorant. Il avance qu’il y a beaucoup de vols en plein jour dans les résidences de Farnham. Une personne qu’il connait a été cambriolée deux fois en autant de jours. C’est une information que n’a pu confirmer la Sûreté du Québec, qui enquête sur le vol commis le 1er janvier.

Vers la fin ?

Ce deuxième vol en moins de trois mois à sa boutique fait en sorte que M. Robitaille n’a plus le goût de continuer.

Déjà, son commerce est en vente depuis huit ans. Il espère toujours trouver de la relève, d’autant plus qu’il offre une brochette de services qu’on retrouve rarement sous un même toit, allant de la photographie au perçage en passant par la réparation de bijoux et d’horloges et la gravure. Il y a des gens qui se déplacent de Sherbrooke pour faire des réparations que d’autres bijoutiers n’osent pas faire, comme le changement de la pile de certaines montres, affirme-t-il.

Par contre, il se dit « tanné » de ces vols qui viendraient accélérer la décision de fermer.

« On va écouler [la marchandise]. Il n’y a pas de relève, confie le bijoutier et maître horloger. C’est annoncé au niveau mondial. Il n’y a pas d’acheteur pour ça. Et ça prend de l’expérience pour travailler là-dedans. Je sais que la bijouterie va arrêter un jour, mais il n’y a rien de déterminé. »